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L'humanité et les humains ne peuvent plus ne rien faire. sixième rapport du GIEC.

Août 2021

10/08/2021

Le Monde

Nul ne feint la surprise : voilà des années que les scientifiques alertent sur le réchauffement et le rôle désormais irréfutable des activités humaines dans les bouleversements à l’œuvre. « Vous nous parlez depuis plus de trois décennies des dangers de laisser la planète se réchauffer. Le monde écoutait, mais il n’entendait pas. Le monde a écouté, mais il n’a pas agi avec assez de force. En conséquence, le changement climatique est un problème qui est ici, maintenant. Personne n’est en sécurité. Et ça empire plus vite », a ainsi déclaré la directrice du Programme des Nations unies pour l’environnement, Inger Andersen.

 

 

 

Le rapport du GIEC « est un code rouge pour l’humanité »

La tendance est à l’appel à l’action, après la publication du sixième rapport des experts du GIEC.

Les réactions se sont multipliées dans le monde, après la publication, lundi 9 août, du sixième rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). La tendance générale est à l’appel à l’action face à un constat encore plus inquiétant que les précédents rapports. Nul ne feint la surprise : voilà des années que les scientifiques alertent sur le réchauffement et le rôle désormais irréfutable des activités humaines dans les bouleversements à l’œuvre. « Vous nous parlez depuis plus de trois décennies des dangers de laisser la planète se réchauffer. Le monde écoutait, mais il n’entendait pas. Le monde a écouté, mais il n’a pas agi avec assez de force. En conséquence, le changement climatique est un problème qui est ici, maintenant. Personne n’est en sécurité. Et ça empire plus vite », a ainsi déclaré la directrice du Programme des Nations unies pour l’environnement, Inger Andersen.

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Pour Antonio Guterres, cette nouvelle publication scientifique « est un code rouge pour l’humanité »« Les sonnettes d’alarme sont assourdissantes et les preuves sont irréfutables : les émissions de gaz à effet de serre provenant de combustibles fossiles et de la déforestation étouffent notre planète et mettent des milliards de personnes en danger immédiat », affirme le secrétaire général des Nations unies. Anticipant la prochaine livraison des experts du GIEC, en 2022, qui portera sur les solutions visant à limiter les effets du changement climatique, il demande que la « promesse, vieille de dix ans, de mobiliser 100 milliards de dollars par an pour soutenir l’atténuation et l’adaptation dans les pays en développement [soit] tenue

Le ton est accusateur envers les pays les plus riches et les plus pourvoyeurs en gaz à effet de serre, au royaume du Bhoutan, où Sonam P. Wangdi s’est exprimé au nom du groupe des quarante-six pays les moins développés du monde, dont il est le président, comme au sein de la représentation des trente-neuf pays de l’ONU faisant partie de l’Alliance des petits Etats insulaires (Aosis). « Les grands émetteurs doivent tenir compte des dommages infligés par l’industrie des combustibles fossiles, sachant que chaque tonne de carbone et chaque dollar dépensé en combustibles fossiles auront un impact négatif », estime l’ambassadrice d’Antigua-et-Barbuda, Diann Black-Layne, responsable des négociations sur le climat pour l’Aosis. « C’est un secteur qui reçoit des subventions annuelles de plus de 600 milliards de dollars pour détruire notre planète, tandis que le Fonds des Nations unies pour le climat en reçoit 2,4 milliards par an pour la sauverLe GIEC confirme l’expérience des petits Etats insulaires : que les cyclones s’intensifient et que le niveau des mers monte, mais il confirme aussi que nous pouvons encore enrayer le pire », insiste-t-elle, tout en appelant à « renverser la vapeur ».

Les combustibles fossiles ciblés

Face aux feux gigantesques qui affectent cet été l’Amérique du Nord, la Grèce, la Turquie, la Sibérie, aux précipitations dévastatrices qui ont endeuillé la Chine et l’Allemagne, l’Organisation météorologique mondiale (OMM) lance elle aussi un appel à une « action immédiate »« La dure réalité du changement climatique se joue en temps réel sous nos yeux, déclare Petteri Taalas, secrétaire général de l’OMM. C’est un avant-goût de ce qui attend les générations futures. Certains des changements négatifs sont déjà enfermés dans le système climatique, mais d’autres peuvent encore être résolus si nous réalisons dès maintenant des réductions fortes, rapides et durables des émissions. »

 

Le rapport du GIEC affirme que le seuil de + 1,5 °C de réchauffement par rapport à l’ère préindustrielle sera atteint autour de 2030, soit dix ans plus tôt que prévu. JONATHAN NACKSTRAND / AFP

Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) établit ce diagnostic dans le premier volet de son sixième rapport d’évaluation, publié lundi 9 août. Il paraît alors que les incendies, les inondations, les canicules, les sécheresses s’enchaînent et se déchaînent, de la Turquie aux Etats-Unis en passant par la Grèce, l’Allemagne, la Russie ou la Chine. Un rappel dramatique que le dérèglement climatique, loin de se résumer à des chiffres et à des projections, est déjà une nouvelle normalité, celle d’une planète en surchauffe.

Source le Monde