Histoire. Classe 4eme.Cycle 4 -Collège.

Société, culture et politique dans la France du XIXè siècle

 Niveau concerné (cycle 3 ou cycle 4)

 

cycle 4

 

Classe 

Quatrième

 Point du programme abordé

 

Conditions féminines dans une société en mutation au XIXème siècle et au début du XXème siècle avant 1914.

 

Compétences travaillées et mises en œuvre

 compétences en Histoire, Histoire des Arts et EMC. Parcours d'Education Artistique et Culturel et Parcours Citoyen compétences civique   

 s’informer dans le monde du numérique.
 analyser et comprendre des documents. Travailler avec des sources et supports varies (romans, peintures, cartes postales anciennes, photographies anciennes, affiches publicitaires, objets du quotidien).
 pratiquer différents langages en Histoire. Ecrire pour structurer sa pensée. Décrire, comprendre et expliquer des faits et des phénomènes politiques, économiques, sociaux ou culturels. Histoire sociale et de la vie quotidienne, histoire des costumes, histoire rurale.
 coopérer et mutualiser. Se préparer en Histoire des Arts à des épreuves écrites ou oral. Acquérir une culture générale.

 Se reperer dans le Temps. Connaître les conditions des femmes en France au XIXeme siecle et jusqu'a 1914. Connaître la variété des milieux socio-culturels des femmes et la diversité des conditions féminines.  

Acquerir une culture humaniste commune (socle commun de compétences et de connaissances niveau collège). Connaitre des oeuvres du patrimoine commun mondial.

Compétences civiques (Parcours citoyen, civisme)

Acquérir une culture humaniste.

Acquerir une sensibilite, une morale et un jugement, la Régle, le Droit et les valeurs républicaines (liberté, égalité, fraternité, respecter autrui).

connaître l'histoire des femmes en tant que citoyennes, le féminisme et ses enjeux (lutte pour la reconnaissances des droits des femmes dans tous les domaines), lutte pour l'égalité réelle et le refus des discriminations (sexisme, atteintes aux droits des femmes dans les domaines politiques , économiques, sociaux, dans la famille ou les structures de la parenté, droit à disposer de son corps, droit au travail etc )  

 

 

Emc travailler sur l'egalite entre les hommes et les femmes.

 

Culture humaniste/ patrimoine immateriel et oeuvres/ connaissance des Arts et de l'Histoire.

La vie des Francaises dans les campagnes vers 1900

Question-problematique:

Comment vivent les femmes Francaises vers 1900 dans le monde rural?

Quelle est leur vie quotidienne et comment evolue peu a peu leur(s) condition(s)?

I. Les saisons sont rythmees par les travaux a la ferme dans une France majoritairement rurale:

-la fenaison: "on fait les foins" c'est-a-dire que l'on prepare la provision de fourrage pour les animaux pour l'hiver.

-la moisson ou recolte du ble et autres cereales.

-les vendanges en Septembre et en Octobre.Il s'agit de la cueillette des raisins.

-la cueillette ( pommes, poires, coings, raisins, artichauts, safran, framboises etc).

II. La vie a la ferme: une vie de labeur en communaute:

La vie est collective et l'individu est soumis au groupe. Le modele dominant reste la petite propriete rurale de polyculture. Certaines regions se specialisent dans la monoculture avec l'arrivee du chemin de fer (viticulture dans le Sud Languedocien, tourisme balneaire sur l'Arc Atlantique). L'organisation reste communautaire en montagne (communautes villageoises ou cooperatives viticoles).

L'exode rural touche la France depuis les debuts de la Revolution Industrielle.( mot defini pour la premiere fois en 1895).

Ce phenomene de depart des habitants des campagnes vers la ville ou l'on troque le metier de paysan contre celui d'ouvrier en manufacture se nomme exode rural.

Il touche les regions de trop-pleins demographique ou l'emploi est rare et les regions enclavees de montagne. 

III.La division du travail dans le monde agricole: la structure economique de base est l'exploitation agricole.

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-Femmes paysannes et productrices dans l'exploitation agricole, unite economique a la campagne 

Au XIXeme siecle et jusque dans la premiere moitie du XXeme siecle, la structure sociale et economique est dominee par la paysannerie et la plupart des Francais vivent dans le monde rural 

Les femmes cultivatrices a la base du travail domestique et productif sont tenues de s'occuper des personnes qui vivent a la ferme familiale (enfants, grands-parents).Trois generations cohabitaient sous le meme toit. Le pain est petri sur place. Les fermes ont une vie tres organisee ou chaque individu a sa place et ses taches. La structure de base est une exploitation agricole de quelques hectares. Dans les cas les plus precaires, le paysan n'est pas proprietaire et loue ses bras pour les travaux agricoles.

Les femmes transportent le bois, l'eau et preparent les repas.

Les hommes mangent assis et les femmes les servent et mangent debout pres de la cheminee, une tranche de pain en guise d'assiette parfois.

Il faut nourrir le betail, les volailles, les cochons, les bovins, les chevres.

La mere hache les orties pour les canards et effectue le gavage des oies. La grand-mere garde les brebis. La grand-mere a une utilite sociale dans la transmission des recits oraux, de l'histoire familiale, dans les savoirs (couture, broderie, cuisine etc) et dans la garde des enfants. George Sand a ete elevee par sa grand-mere qui lui a donne une education libre.

Les hommes vendent le gros betail a la foire tandis que les femmes portent au marche les produits plus legers. L'ecrivaine George Sand rend hommage aux femmes paysannes qualifiees de fades dans son roman "La Petite Fadette", ou justement son heroine 'a rien de fade. Elle trouve l'inspiration a Nohant dans son Berry natal.

2- Sociabilites villageoises, lieux de sociabilites et moments de sociabilite

Moments collectifs. Le lavoir est un lieu de sociabilite comme le marche.

Il y a beaucoup de fetes collectives tels que les feux de la St-Jean, veillees au coin du feu, mariages avec de nombreux convives, baptemes.

Il y a des rites comme les veillees des defunts ou repas champetres  ...

On pratique la veillee des corps des defunts en periode non-epidemique c'est-a-dire que l'on se reunit autour du corps pour dire Adieu a son proche et cela aide a faire son deuil. La famille, les amis et le village peuvent se recueillir autour de la personne defunte, evoquer sa memoire et ainsi pratiquer un rite collectif. On prend le deuil en s'habillant de noir. La mort n'est pas anonyme a l'hopital mais le groupe peut rendre hommage a son aieul.

La "veillee" autour du feu permet de raconter les histoires et de se distraire tout en renforcant le sentiment d'identite, tout le monde a droit a la parole dans la piece unique.

On dort encore dans le lit au milieu de la piece principale (lit clos en Bretagne), on garde le nourrisson ou on fait secher les salaisons.

Le grenier sert a entreposer les pommes. On dort dans une piece ou au grenier. Les naissances ont lieu a domicile ou la sage-femme aide les futures accouchees. Peu a peu, la matrone d'autrefois est remplacee par la sage-femme qui a des connaissances medicales.

3- Une hygiene encore quasi-inexistante

L'hygiene est limitee en l'absence de toilettes ( on utilise un pot de chambre en porcelaine) et de salles de bain ( il n'ya pas de point d'eau au sein de la maison, il faut tirer l'eau du puits).

Seuls les chatelains modernisent leurs chateaux dans la seconde moitie du XIXeme siecle avec l'arrivee de l'electricite, du telephone et des premieres salles de bain avec robinet et baignoire.

On fait sa toilette simple au broc emaille. Les bebes sont laves dans un baquet en bois ou en etain. L'eau est bouillie et rechauffee avant d'etre melangee a de l'eau froide. Les medecins hygienistes comme Charcot et le scientifique  Louis Pasteur recommandent le lavage des mains ce qui limite les maladies et reduit la mortalite infantile. 

Tout se fait a la main.

IV- Il existe des metiers feminins dans le domaine artisanal ou des services qui se developpent 

Metiers de femmes: beaucoup de ces metiers disparaitront avec les mutations industrielles et la mecanisation. De nos jours, il existe encore des metiers de femmes dans les secteurs du soin ( le "care") ou des services a la personne (education, garde des enfants, menage, caissiere, infirmiere etc) avec division du travail genre.

 1.On observe la variete des anciens metiers de nos campagnes vers 1900.

-la lavandiere. Chaque mere procede a la lessive du linge. Il existe des lavandieres professionelles. Elles travaillent ensemble au lavoir. C'est le lieu des discussions et des commerages. On y commente les nouvelles du jour.

-la couturiere. On fabrique sur mesure ses propres habits et on confie des tissus a la couturiere. Les couturieres travaillent a la tache et a la commande au sein du bourg rural.

-la dentelliere (on decore les robes de cols en dentelle, fabriquee par les femmes par exemple en.Auvergne, celebre dentelle du Puy en Velay ou dentelles d'Alencon).

-la fileuse file la laine.

-la laitiere.

-la plumeuse de volaille.

-la chevriere garde les chevres.

-la servante de ferme. Elle effectue de multiples corvees et taches.

-La rebouteuse. Guerisseuse.

-La nourrice.

 

2. Mutation des metiers dits "feminins"

-Certaines femmes issues du monde rural deviennent nourrices en ville ( si elles allaitent elles vont s'occuper des enfants de bourgeois et sont contraintes de laisser leur propre enfant a leur famille restee en province) puis gardes ou bonnes d'enfants a Paris avec la generalisation du biberon ( le personnage de Becassine incarne la bonne d'enfants debonnaire montee a Paris dans "La semaine de Suzette" et qui connait un franc succes aupres des enfants vers 1900-1914). Le jardin du Luxembourg est le lieu de promenades de ces dames. 

D'autres deviennent domestiques dans des chateaux ou des maisons bourgeoises et sont meprisees par les dominants qui les qualifient de "bonnes a tout faire". Les domestiques ont des taches multiples et deviennent cuisinieres a l'office . Elles s'occupent aussi du linge comme lingeres ou blanchisseuses. Les familles bourgeoises ont une domesticite nombreuse avant 1914 (cuisiniere, femme de chambre, bonne, valet de chambre, majordome, chauffeur ou jardinier pour les hommes).

Quelques femmes apprennent la stenographie (stenodactylos) et deviennent secretaires. D'autres vont vivre en ville en se mariant ou en devenant employees, vendeuses ou ouvrieres, attirees par les "lumieres de la ville".

Les dames du telephone (PTT = Postes Telephone et Telegraphe)travaillent aux communications avant internet! Ce metier assis convient aux filles declassees de la bourgeoisie ou aux provinciales en quete d'independance a la ville, lieu de tous les possibles. 

Les metiers dits feminins permettent aux employeurs de donner un salaire plus bas pour une meme tache a effectuer. De nos jours, les femmes gagnent 30% de moins que leurs homologues masculins.

 

V- Femmes:  elles sont epouses et meres.

 

1- Vision stereotypee des genres dans la structure familiale et poids des structures mentales dans les representations des femmes

Les structures mentales ou la vision stereotypee des genres:

L'identite feminine est souvent reliee a la maternite et a la fonction d'epouse et on reduit l'identite feminine avec ces fonctions (vision stereotypee des genres). Mariages et remariages sont de rigueur. Beaucoup de veufs se remarient (avec des familles recomposees). 

Les filles sont "a marier" : bals de villages ou unions souvent arrangees par les familles. Les "mariages de raison" sont organises en amont par les parents pour veiller a la dot (somme d'argent que l'on versera au futur marie), au trousseau (ensemble de meubles, linge et objets usuels), a l'heritage ou a la repartition de terres.

Les representations mentales traditionnelles voient les femmes avec un identique parcours de vie au XIXeme (mariage et maternite).

Les femmes celibataires sont peu nombreuses et celles qui ont un enfant hors-mariage sont mal vues car la structure familiale traditionnelle est le mariage avec "l'autorite" du pere ou pater familias en pays Latin ( le code "Napoleon" de 1804 a fait de la femme une eternelle mineure. Les femmes sont privees du droit de voter sous la IIIeme Republique de 1870 a 1940). Les hommes les jugent inaptes a voter car trop inconstantes et trop frivoles (a part le socialiste et gendre de Karl Marx,  Paul Lafargue du Parti Ouvrier Francais qui est l'un des rares a demander le droit de voter pour les femmes ou peut-etre Victor Hugo qui met les femmes a l'honneur).

Dans les milieux bourgeois, la mere veille aux devoirs des enfants et prepare sa fille a devenir une future bonne epouse (les travaux d'aiguilles qui montrent le travail, couture, broderies, tapisserie, piano, equitation, choix des lectures souvent pieuses, apprentissage de la priere, apprendre a se tenir etc). Les meres bourgeoises veillent a la gestion de la maison, des soins aux enfants et des domestiques.

La petite fille bourgeoise de 1900 joue a la poupee pour apprendre l'elegance ( la mode et les revues de mode comme "Le petit Echo de la Mode" se developpent, culture de l'apparence). Les petites filles comparent leurs poupees quand elles se rendent visite.( source: "Les femmes de 1750 a nos jours", ref.deja citee). On les habille de blanc, couleur virginale.

Les photographies et les peintures montrent le contraste entre les robes blanches des femmes et le noir des redingotes et des fracs des hommes bourgeois. Le noir symbolise le serieux des hommes er les femmes sont mises en blanc de l'insouciance, preoccupees des modes et tendances...Les jeunes filles ont encore les cheveux longs alors que les adultes doivent porter le chignon ( les femmes aux cheveux longs dites "en cheveux"sont mal vues).

Le corps des femmes est corsete. Devenue jeune fille en milieu bourgeois,  on lui presentera son futur mari,.en general, bien plus age qu'elle pour faire un mariage "de raison" ou on lui recommandera d'etre soumise a son mari ou de gerer le foyer.

La representation du corps des femmes est celle d'un corps qui ne leur appartient pas (dans un discours marque par les structures religieuses).Il faut attendre 1975 pour que les femmes aient le droit de disposer de leur corps (Loi Veil de 1975).

La couleur blanche dans l'habillement est a la mode en 1900 car elle montre la "purete" des femmes. A cette epoque, on se marie en blanc pour paraitre et montrer son degre de richesse.(cf Michele Perot,"Histoire des femmes en Occident" le XIXeme siecle, 1991). George Sand revet l'habit masculin: elle fait figure d'exception. Il faudra attendre le XXeme siecle pour que les femmes portent le pantalon et les cheveux courts (dans les annees 1920,.on qualifie cette coupe de "garconne"alors que c'est un choix feminin).

 

2- Une existence precaire: 

 

Point de systeme de retraite ou de sante, les femmes de paysans ne touchent pas de pensions de retraite. Pas de pensions d'invalidite ou d'assurances sante, il faut attendre la creation de la Securite sociale de 1945 et le programme du CNR( Conseil National de la Resistance). Le statut des femmes agricultrices qui travaillent est a peine plus enviable de nos jours! En 1906, l'Etat institue le repos hebdomadaire (suite a des manifestations le reclamant).

 -Evolution lente des mentalites

L'histoire des structures mentales et des mentalites datent des annees 1960 avec la naissance du structuralisme ( etudes des structures de la societe: la famille, des structures de la parente, des categories sociales, l'histoire des structures sociales et des mouvements sociaux, des mouvements des femmes, l'histore des objets, l' histoire de la vie quotidienne, l'histoire des structures mentales (l'education, les prejuges, les stereotypes, les pratiques et rites culturels, les objets de la vie quotidienne: rien n'echappe a l'historien des mentalites)(cf. Michele Perot, Georges Duby ou Philippe Aries incarnent ce courant des historiens et de l'Ethno-histoire dans la veine de Claude Levi-Strauss, ethnologue).

3- Le poids de la structure religieuse

Le catholicisme predomine dans les campagnes et un certain stoicisme (attitude morale) permet de supporter les contraintes de la vie a la ferme et on observe l'influence encore grande du cure dans de nombreuses regions malgre la loi de 1905...Les anti-clericaux attendent au cafe tandis que les fideles assistent a la messe.( Marcel Pagnol decrivait son pere instituteur mecreant) . 

Le divorce est autorise (1908) mais encore mal vu et les filles-meres souvent rejetees (celles qui ont un  enfant hors-mariage sont mal vues dans une societe encore marquee par le poids de la structure religieuse et s'il n'y a pas de pere- a l'epoque, le Chef de famille est le pere selon le Code Napoleon- il faut attendre 1975 dans les annees post-1968 pour que l'Autorite parentale soit exercee conjointement par les deux parents) . Le cure joue le role de referent masculin pour les enfants des meres celibataires.

Les institutions religieuses jouent encore un role aupres des jeunes filles pauvres (enseignement religieux assure par les bonnes soeurs).

4- Une possible ascension par la structure scolaire

On respecte le cure, le medecin de campagne et l'instituteur loge dans l'ecole rurale. Les espoirs d'ascension sociale investiront le champ de l'ecole notamment avec les lois Ferry de 1881-1882 sur l'education republicaine.

Enfants de paysans depuis des centaines d'annees, beaucoup echapperont a leur condition sociale d'origine grace a l'institution scolaire qui permet aux meilleurs de passer leur certificat d'etudes. Les plus jeunes peuvent ainsi aller au lycee mais ce n'est que 5% des jeunes qui accedent au lycee ( qui reste l'apanage des plus privilegies).

Le certificat d'Etudes Primaire requiert un niveau de maitrise dans les savoirs fondamentaux en langue francaise, lire, ecrire et de savoir compter.

Les petites eleves apprennent les pleins et delies dans leur cahier d'ecriture. Le soin apporte a l'ecriture au stylo a plume est remarquable ( en 1914, elles redigeront des lettres ou des cartes postales aux Poilus ou soldats de la Grandz Guerre).

Il y a des ecoles de filles et l'institutrice accueille les enfants de tous les niveaux dans la classe unique. On apprend la geographie de la France grace aux cartes de Vidal de la Blache et l'Histoire de France de Ernest Lavisse ou Jules Michelet. Beaucoup de filles quittent l'ecole l'annee de leur 13 ans pour travailler aux champs et aider leurs parents ( source :"L'Histoire des femmes de 1750 a nos jours" de Marie Odile Mergnac).

On demande aux filles de savoir lire, ecrire et compter (pour tenir le buget familial et la comptabilite).

L'ecole en tant qu'institution republicaine permet ainsi un espoir d'ascension sociale aux plus talentueuses (une infime minorite d'entre elles passe le Bac et d'autres accedent aux milieux masculins comme medecins ou avocates non sans resistance de leurs homologues masculins a cette epoque).

Celles qui peuvent echapper a leur condition sociale peuvent esperer une place dans une administration ou dans des domaines comme le droit ou la medecine qui commencent a etre conquis et investis par les femmes. Marie Curie enseigne en faculte ou rares sont les femmes a s'aventurer et emmene sa fille Irene a l'ecole (elle deviendra la premiere femme ministre de l'Enseignement superieur et de la recherche en 1936).

La plupart des femmes de 1900 restent ancrees dans leur origine sociale cependant.

 

La fin du XIXeme siecle voit la naissance du feminisme comme un mouvement autonome structure de femmes (prise de conscience de leurs identites, droit de voter pour les femmes, revendications des suffragettes plutot d'origine bourgeoise- beaucoup de sufragettes sont des femmes mariees comme les Pankhurst en Angleterre et en France, Hubertine Auclert qui demande le droit de vote a peu d'audience) et du syndicalisme ouvert aux femmes (dans les secteurs du textile ou du tabac, les greves des ouvrieres eclatent alors que les femmes sont jugees plus dociles et font moins greve d'apres Michele Perot) 

Ajoutons que les socialistes et les marxistes ont longtemps qualifie le feminisme de mouvement bourgeois et ont mis du temps a l'integrer. Le mot "ouvriere" met du temps a etre prononce car elles sont moins payees que les hommes.Hugo et Zola mettront a l'honneur ces femmes.

Les enjeux du feminisme sont multiples et multi-facettes et visent a demander et obtenir une egalite reelle.

Peu a peu, certaines se mettent a ecrire et a reflechir a leur condition (journal intime, romans comme George Sand, femmes pionnieres et artistes comme Rosa Bonheur ou Berthe Morisot, femmes suffragettes). 

L'historienne Michelle Perrot confirme: « Au XIXe siècle, une femme bien élevée est une femme silencieuse ». 

 

5- Laicisation de l'education

La laicisation des moeurs est en marche. La loi 1905 tente d'apaiser ces querelles religieuses. L'education se laicise et on assure un acces de l'education aux filles (vers 1900, certaines vont chez les religieuses tandis que d'autres vont a l'Ecole laique et republicaine).

Les mentalites evoluent lentement...

"Les mentalites sont des prisons de longue duree" d'apres la citation de l'historien Fernand Braudel.

C'est surtout la guerre de 1914-1918 qui bouleversa la vie des fermes en l'absence du pere et de celles des fils. Bon nombre de meres ont perdu un ou plusieurs fils a la guerre et les generations de la fin du XIXeme siecle ont fini aneanties dans les tranchees....C'est alors la fin de la "Belle Epoque".

 References bibliographiques=

Histoire de la France rurale tome 3: apogee et crise de la civilisation paysanne 1789-1914 – 1 janvier 1982 Georges Duby.


Georges Duby, Michelle Perrot : Histoire des femmes T. IV : le XIXe siècle, sous la direction de Geneviève Fraisse et Michelle Perrot, 1991.

 

 

 

 

Femmes de pecheurs de douarnenez en 1896.

Charbonniere vers 1900 en Sologne.

Estaminet et restaurant, Vosges, vers 1913.

Balayer, puiser l'eau, eplucher les legumes, faire la vaisselle, nourrir les poules, chercher le linge, repriser, repasser..une petite bonn exploitee. Fin du XIXe suecle.

La Chaise-Dieu.vers 1900 en Auvergne.dentellieres.

Au marche de Romorantin-Lantenay.Loir-Et-Cher vers 1900. Vente de volailles.

Domestique dans une grande ferme. Le Perray-en-Yvelines avant 1914.

Lavandieres dans les Cotes d'Armor, 1910.

La servante frotte le linge sur la planche a laver. On lave le linge avec des cendres. Vers 1900.

Sous l'oeil vigilant du contremaitre, les femmes trient les roses pour extraire l'essence de rose.Alpes-Maritime vers 1900.

Coupe des grappes de raisin et rangement sur des clayettes pour le negociant en fruits 1910.

Vendanges en Sologne

Ile-de-France, vers 1900.

autre reference bibliographique si le theme sur l'Histoire des femmes vous interesse:

"Femmes de nos campagnes" introduction de Jean Anglade et preface de Claire Chazal.

Legendes photos Annick Normand.

Le Grand Livre du Mois, Presses de la cite, 2005.