Femme poussant un wagonnet en Belgique.© Collection Yves Paquette.
Les femmes travailleront au fond jusqu’à la loi de 1874. En 1900 leur travail est limité à 10 heures.
Elles seront employées en surface au triage et au lavage.
En 1880 elles sont 152 à travailler à La Machine. Une trieuse gagne 1.79f par jour en 1888, soit un peu moins que deux fois qu’un piqueur..
Les garçons travaillent au fond à partir de 10 ans selon le décret de 1803. En fait ce décret ne sera pas respecté et les garçons de 7,8 ans continueront de travailler à la mine.

Nouvelle Série des Mineurs – Le Triage du Charbon
éditeur Alexandre à Lens
dos séparé – circulé le 23 février 1918
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Restons dans le Nord avec cette carte postale qui nous montre que la Belle Époque n’était pas toujours facile pour les femmes. On imagine la dureté de ce travail rien quand regardant de prés les visages de ces trieuses de charbon. Site cpa91

Nees vers 1900  en milieu ouvrier

Source: "Les femmes au quotidien de 1750 a nos jours"Marie Odile Mergnac, Collection Archives et culture, Paris 2007.

Quel est l'avenir d'une enfant d'ouvriers nee vers 1900?

I . L'Enfance en milieu ouvrier au debut du XXeme siecle.

En milieu ouvrier, vers 1900, tout le monde travaille en usine.

Le pere et les enfants travaillent comme ouvriers. La scolarite finit a l'age de 13 ans avec le certificat d'Etudes rarement obtenu.

L'enfant interrompt souvent sa scolarite l'annee de ses 13 ans.

L'essentiel est de rapporter rapidement un salaire aux parents, plus exactement a la mere, car c'est souvent elle qui gere le budget.

Pas de chahut a l'ecole: les parents attendent des enfants une soumission envers le maitre et ils attendent la meme soumission a la maison.

L'attente scolaire n'est pas forte car on aura du travail en usine. On n'envisage pas une echappee hors du milieu social.d'origine.

Dans son ouvrage "Le monde prive des ouvriers", Olivier Schwartz rapporte meme qu'il est mal vu de devenir contremaitre et que l'on est vu comme un traitre au milieu d'origine.

Une mere au foyer

La mere echappe au travail salarie mais une bonne partie de la survie de la famille passe par le "travail gratuit" ( jardin potager) . La mere s'occupe de la volaille et des lapins: il ne s'agit pas d'un loisir mais d'un indispensable appoint.

Dans la premiere moitie du XIXeme siecle, les greves ouvrieres tiennent longtemps dans le Nord grace aux jardins dont sont pourvus les corons. Ces jardins permettent de vivre en autarcie et d'assurer sa propre production alimentaire.

Si la famille vit dans une cite ouvriere financee par la compagnie qui l"emploie (comme c'est le cas a partir des annees 1850), seul le logement est gratuit meme s'il est rudimentaire.

La conviavilite et la sociabilite s'accroissent en meme temps que se renforce l'enfermement dans le milieu ouvrier et accroit la soumission au patron: les celibataires sont mal vus et on encourage les familles nombreuses.

II.Des enfants en grand nombre en milieu ouvrier.

Les familles ouvrieres sont nombreuses et on n'a pas peur du morcellement des terres comme c'est le cas en milieu paysan mais plutot dans l'optique du fermier recherchant des bras.

Il y avait du travail en usine.

Comme le souligne Claude Duneton,"les enfants assuraient meme parfois sinon la prosperite, au moins, la survie de la maisonnee en rapportant quelques sous"(...)"pas de docteur, pas de chaussures, peu d'habits, au fond, peu de frais"(Claude Duneton "Le diable sans porte", Le Seuil, 1981) .

III.le temoignage d'Ernestine, nee en 1900 dans une famille de mineurs du Pas-de-Calais

Mine et textile.

Ernestine est la troisieme de sept enfants, deux filles et cinq garcons.

Le pere etait mineur et la mere avait travaille dans une usine textile avant son mariage mais s'occupait du foyer.

La famille vivait dans un coron, une cite miniere qui offrait un confort inedit: pas de salle de bain ni de WC interieurs mais une petite maison individuelle avec un jardin et une piece principale (et chambres separees).

Jeux des enfants et travail domestique

 Les enfants restent dans la cite miniere constituee de corons quand ils ne vont pas a l'ecole publique du quartier. Les meres se retrouvent au lavoir pour la lessive et bavardent, des commerces s'y installent.

Il existe des cabarets.

Comme les logements sont petits, les enfants qui ne travaillent pas, jouent dans la "couree" a la marelle, a chat ou a cache-cache.

Les filles reprisent les chaussettes ou tricotent des pulls bien plus que ne font les devoirs.

Les filles participent aux travaux de couture. Elles arrosent le potager, alimente le poele l'hiver, surveille la soupe ou epluchent les pommes de terre.

La corvee la plus imprortante consiste a rentrer le charbon dans une remise pour l'hiver.

Le charbon etait fourni par la mine, de pietre qualite. Il y avait le charbon de l'ingenieur, du contremaitre et le charbon de l'ouvrier. 

Il y avait des maisons ouvrieres, des maisons de contremaitres et de grandes maisons d'ingenieur en dehors de la cite (hierarchie etablie par la mine).

L'ecole publique jouxte la cite.

Ernestine s'y rend en sabots de bois.Le pere taillait les sabots de la famille.

L'eleve y apprend a lire, ecrire et compter.

A 13 ans, Ernestine fut retiree de l'ecole en cours d'annee pour aller travailler a la mine.

 III. Ernestine de l'adolescence a l'age adulte

Ernestine travaille a la mine la nuit. Le poste de nuit lui permet d'aider sa mere des soins du menage et a s'occuper des petits.

Le dimanche est le seul jour de liberte on l'aide a la maison ou on accompagne les grands freres au cabaret.

Elle rapporte la paye de la semaine a ses parents.

La region est en proie a la guerre de 14-18.

Une de ses soeurs meurt de pneumonie et son.pere decede d'une tuberculose ou d'une bronchite mal soignee (ses poumons etaient uses par les poussieres de charbon) 

Un mariage difficile a negocier.

Ernestine retrouve un travail de nuit.Sa mere refuse un mariage pour sa fille pour ne pas perdre un salaire (il lui reste deux petits a charge ).

Ernestine finit par se marier. Elle fait des travaux de couture, s'occupe de son enfant, tandis que le mari descend a la mine. Il devient violent et boit de l'alcool. Elle meurt d'une embolie en 1937.

D'apres le recit de Marie Odile Vergnal "Nees vers 1900 en milieu ouvrier" "Ernestine de l'adolescence a l'age adulte"in"Les femmes au quotidien de 1750 a nos jours", Archives et Culture, Paris 2007.