Femme filant au rouet. Carte postale vers 1900.

Tableau de Leon Lhermitte « La paye des moissonneurs 1882

Femme nourrissant les poules photo"les femmes au quotidien de 1750 a nos jours" 2007.

source: "Les femmes au quotidien de 1750 a nos jours". Collection Vie d'autrefois, Marie Odile Mergnac, 2007.

Quelle est la destinee d'une fille d'agriculteurs nee vers 1900?

Nee vers 1900  chez des agriculteurs

L'expression exode rural date de 1895. A cette date pres de 60 % de la population vit a la campagne.

I.Des bras en plus.

"Les enfants sont la richesse des pauvres": au debut du XXeme siecle, la plupart des paysans ont beaucoup d'enfants pour les aider au travail des champs et a la ferme.

En Lorraine, on disait:"il ne sera jamais aide s'il n'a point d'enfant".

Pour eux, les enfants etaient des bras en plus: les plus petits gardaient les oies et nourrissaient les volailles tandis que les plus grands participaient aux travaux de la ferme: evitant le cout des domestiques, les plus grands,.s'ils travaillaient, donnaient a leurs parents un revenu.

II. Une ecole intermittente

Meme si l'ecole est obligatoire en 1881, beaucoup d'ecoliers s'absentent pour realiser les moissons et le travail paysan.

Le trajet vers l'ecole se fait alors en charrette ou a pied.

Les enfants des hameaux parcourent des kilometres a pied pour rejoindre leur ecole.

Le repas de midi est apporte dans un panier et se compose de pain, d' un oeuf dans la classe pres du poele l'hiver.

Le college est payant et les enfants des paysans pauvres n'y accedent pas.

Apres 1905 les congregations religieuses sont chassees de France laissant des enfants pauvres sans ecole.

III. Le travail femininin entre taches domestiques et travaux physiques agricoles, une vie de dur labeur

Chaque femme realise les taches quotidiennes: menage, cuisine, garde des enfants, cueillette,.moissons ...

Les femmes s'occupent des travaux de la basse-cour,.tri des haricots, repriser les habits, repassage, raccomodage, couture. Elles assurent le lien social dans les familles.

Elles portent le linge au lavoir ou.font les courses a l'epicerie.

Conclusion.

Beaucoup de paysannes ne vont pas au-dela de l'enseignement primaire avant 1914.

Elles remplaceront les hommes en 1914 pour faire fonctionner les fermes.

Il existe des ecoles de filles separees de celles des garcons. 

IV. L'enfance et l'adolescence de Regina nee en 1911 ans une famille de paysans

A-une enfance paysanne en Touraine

C'est en 1911 que naquit Regina, a la ferme.

La ferme paternelle en plein coeur du.bourg avait peu de betail (un cheval, cinq vaches, une dizaine de chevres, trois ou quatre cochons et de la volaille).

La famille possede beaucoup de terres et quelques arpents de vigne.

Y vivaient Regina, ses grands-parents paternels et leurs deux valets.

B.La vie au quotidien

La vie ressemble au debut du XXeme siecle a celle du precedent siecle.

L'enfant aide aux travaux de la ferme.

Elle n'est pas vaccinee et subit de nombreuses maladies infantiles: "j'avais onze ans lorsque j'ai vu un medecin pour la premiere fois".

Elle raffle les prix d'excellence a l'ecole.

Elle apprend bien disait le maitre. Toutefois, son avenir est trace: reprendre la ferme.

C.Des fiancailles forcees.

A 14 ans, sa mere lui trouve un fiance, fils unique d'un important proprietaire de la commune dont le pere prete de l'argent aux autres.

L'affaire est conclue par les meres au lavoir.

Le garcon vient dejeuner les dimanches chez Regina.

Pour couper ses cheveux courts, a la mode, elle avait ceremonieusement demande a son pere!

Pendant deux ans, les visites hebdomadaires se succedent malgre l'absence de sentiment de la part de Regina envers ce jeune homme.

Elle ne se marie pas avec lui au grand dam de ses parents!

D.Regina a l'age adulte: du milieu paysan au milieu des employes en ville

Elle epouse un cousin Correzien en 1931.

Leur fils nait en 1932 a la maison en l'absence de maternite.

Le mari devient employe aux chemins de fer a Tours. Elle va vivre a la ville.

Elle mourut a la ferme a 93 ans apres la retraite de son epoux. Fille de paysans, elle rentre dans le milieu du salariat en epousant un employe des Transports.

Temoignage cite par Marie Odile Mergnac, dans "Les femmes au quotidien de 1750 a nos jours", Achives et Culture, Paris 2007.