Louis Le Nain, La charrette, 1641, conservé au musée du Louvre : le tiers état rural
La population est essentiellement rurale. La vie des paysans tient à l'abondance des récoltes, d'autant plus qu'ils sont soumis à de nombreuses obligations, en particulier :

le versement
au seigneur
du cens, au titre de l'exploitation des terres
des banalités, au titre de l'utilisation des moulin, four et pressoir
du champart
au clergé de la dîme
au roi
de la taille sur les revenus ou les biens fonciers
de la gabelle sur le sel
les corvées au service tant du seigneur que du roi
le service dans la Milice créée par Louis XIV

La Forge a joué dans la perpétuation de l’intérêt pour l’art des Frères le Nain au XIXe siècle. Le tableau avait fait partie de plusieurs collections très prestigieuses au XVIIIe siècle, notamment celles du duc de Choiseul et du prince de Conti.

Antoine Le Nain, "Les petits joueurs de cartes", vers 1640-1645, Williamstown, Sterling and Francine Clark Art Institute (Photography by Robert LaPrelle, courtesy of the Kimbell Art Museum)

cette toile a probablement été exécutée entre 1642 et 1648 et qu’elle est une œuvre majeure des frères Le Nain », commente Stéphane Pinta, expert en peinture ancienne au cabinet Turquin. En effet, sur les 75 œuvres connues des frères Le Nain, aucune n’arbore un tel sujet. « Le thème de l’enfant Jésus agenouillé dans un paysage vespéral et méditant devant les instruments de la passion est rarissime dans la peinture européenne et totalement inédit dans les œuvres des Le Nain », expliquent les commissaires-priseurs. Aussi, la toile a été classée trésor national par le ministère de la Culture

Comment vivent les Francais sous l'Ancien Regime sous le regne du roi absolu Louis XIV?

Une societe a la fois simple et complexe soumise aux aleas des crises climatiques, economiques, alimentaires ou aux crises agricoles et politiques.

Famille de paysans dans un intérieur (1642)• Crédits : Louis Le Nain (vers 1593 - 1677) - Wikipédia

Gravure "Ne pour la peine".

La societe sous Louis XIV

Reference bibliographique:

Pierre Goubert,"Louis XIV et vingt millions de Francais"

A quoi ressemble la societe Francaise sous la monarchie Absolue?

I. La demographie: une demographie d'Ancien Regime marquee par des crises frumentaires, des disettes, des famines, des epidemies et des guerres

- la structure de la population en France sous Louis XIV

En 1661, l'esperance de vie a la naissance avoisine 30 ans.

25% des enfants mouraient avant un an, 25% avant 20 ans, 25% disparaissaient avant 45 ans et seuls 10% atteignaient l-age de 60 ans.

La mort frappait les littoraux, les zones marecageuses ou les faubourgs des villes.

-Les trois fleaux de l'Ancien Regime etaient la guerre, la peste et la famine.

Vers 1661, la peste se manifesta et causait la terreur panique: fuite des riches, isolement et quarantaine.

La disette ou la famine ou la cherte des grains apparaissait regulierement.

La nourriture etait composee de bouillie,.de soupe et de pain. Le ble ou le froment constituait la calorie la moins chere et la plus anciennement consommee.

Les prix doublaient ou triplaient en cas de mauvaises recoltes. Les Francais cherchaient alors des nourritures de remplacement ou envoyaient les enfants mendier.

Les etes de 1649 a 1652 avaient ete mauvais pour les recoltes. On a encore peur de la famine en 1661.

La natalite est de 40 pour 1000. On se marie vers 26 a 28 ans pour les hommes et 23 a 25 ans pour les femmes.

On note une naissance tous les deux ans.

Il y a peu de familles nombreuses a cause des mariages tardifs et de l'esperance de vie limitee.

La moyenne est de 5 enfants par foyer dont 2 ou 3 enfants arrivant a l'age adulte.

II. La vie economique sous Louis XIV

Une France rurale et agricole

La France est un pays agricole. Les Hollandais ont un rayonnement commercial et economiques superieurs aux Francais de cette epoque.

Amsterdam est la place financiere du XVIIeme siecle.

La puissance economique est materialisee par les deux Compagnies de commerce des Indes Occidentales et Orientales.

Paris n'etait pas la capitale economique puisque des villes comme Rouen,St Malo, Bordeaux, Marseille ou Lyon etaient des poles puissants.

On dependait des pays voisins pour se munir de boulets, poudre, armes, coutellerie ou de cuivre.Les Francais subissaient les guerres sous Richelieu et Mazarin.

III.la societe vers 1661:une societe d'Ordres


Charles Loyseau en 1610 decoupe les Francais en trois ordres:

-ceux qui combattent

-ceux qui prient.

-ceux qui travaillent ou "gens mecaniques" qui travaillent de leurs mains

Artisans, ouvriers et paysans sont au bas de l'echelle sociale et meprises. La masse la plus nombreuse est la paysannerie.

15 Millions de paysans:

Le cadre etait les anciennes seigneuries.

Il y avait des petits proprietaires de quelques hectares et certains pour se nourrir devaient trouver d'autres emplois.

Il y avait des fermiers plus riches qui possedaient leur charrue et leurs attelages. Quelques laboureurs etaient independants et la masse etait constituee de journaliers travaillant au jour le jour. Les petites gens "vivotaient, pourvus de minuscules parcelles, aptes a toutes sortes de petits metiers".

Dans un village de 100 habitants, on releve 10 "gros"paysans et 1 seul "coq de village" ou fermier plus riche.

Seul un paysan sur 100 possede les attelages, les instruments, le.betail et les possibles emplois permettant aux autres de subsister.

Il existe des communautes villageoises correspondant aux communautes paroissiales (unite religieuse) qui servaient de circonscriptions royales (bailliages, forets, greniers a sel, eaux). 

Le seigneur noble ou non, individuel ou collectif, laic ou non, jouissait de nombreux droits seigneuriaux vexatoires et substantiels.

Tout le XVIIeme siecle est marque par des revoltes paysannes.

Les fermiers, intendants,.juges,.senechaux, procureurs etaient surpuissants et peu honnetes.

D'importants droits de justice, greffe, amendes, contraventions existent.

Le cure preleve pour vivre et entretenir les eglises et objets du culte une part du revenu rural; la dime ou les grains sont payees par les paysans.

Sur le travail et le revenu paysans s'abattent la communaute rurale, l'Eglise, le seigneur et le Roi.

On paye la taille au Roi,. a gabelle sur le sel et divers impots.

Ex: les aides sur les boissons, loger et nourrir les "gens de guerre",loger une soldatesque pillarde aussi redoutee que la peste.

Redevances en nature ou non .

Beaucoup recourent au travail a domicile, au travail a la journee, a la vente aux marches (un veau,quelques oeufs, un poulet). Les petits paysans s'endettaient toujours envers les laboureurs,.un petit juge, un marchand ...

Le debiteur tachait de rembourser en travail. Que survienne une mauvaise recolte, une nuee de soldats, une epidemie, la mort d'une vache ou d'une brebis et c'etait la dette ou la saisie.

Les paysans sont soumis aux taxes et fermages (loyers) et sont la proie de nombreux creanciers (ruraux ou urbains, ecclesiastiques comme les Abbayes et bourgeois des villes).

 Une part du revenu des paysans est ainsi aspiree en dettes et creances diverses. La petite paysannerie francaise de l'epoque de Louis XIV conserve peu le produit de son travail (la moitie) .

 millions d'ouvriers urbains : paysans: sans terres et sans maisons, ils sont locataires et sont sans meubles, sans linge. Ce sont des proletaires.

Leur salaire est leur unique moyen pour survivre:a la piece, parfois paye en partie en vivres, salaire incertain comme l'emploi lui-meme. Les employeurs les payent en avance ce qui en fait de perpetuels debiteurs toujours endettes avec un entier pouvoir aux patrons.

Au siecle de Louis XIV, il existe une exploitation ou une tromperie sur la marchandise,.la duree du travail et la nature du salaire verse parfois en tissu peu vendable ou en mauvaise monnaie. 

Le plus souvent , les ouvriers travaillent a leur domicile ou viennent chaque jour chez leur employeur.

En haut des employeurs, on observe les negociants principaux beneficiaires du systeme productif.

La misere des ouvriers urbains est saisissante et coexiste avec la detresse des paysans.

Les ouvriers nous dit l'Historien Pierre Goubert,.avaient des moyens de pression quand ils etaient groupes en societes secretes parfois puissantes lorsque les commandes etaient nombreuses et la main d'oeuvre rare et qualifiee manquait au lendemain des crises demographiques et economiques.

Les habitants des villes etaient privilegies et payaient nettement moins d'impots que les paysans. Ils ne versaient evidemment pas la dime et acquittaient des charges seigneuriales reduites.

En cas de crise de l'emploi et des prix, le petit peuple urbain ouvrier entasse dans des taudis et s'alimentant de dechets, etait abandonne de tous sauf de quelques medecins et de quelques pretres (ce qui aidait a resoudre la cherte des grains nous dit Pierre Goubert,.assurant quelques annees heureuses avant la prochaine crise).

Il existe des revoltes populaires dont personne ne discute plus l'existence qui s'achevaient regulierement par le "triomphe de l'ordre" symbolisee par la soldatesque royale.

9 sujets du roi sur 10 travaillaient de leurs mains rudement et obscurement pour permettre au dixieme de se livrer en paix a des activites plus bourgeoises ou plus nobles.

Ce 1/10 de la population vivait de l'immense revenu foncier tire du sol du royaume par le peuple des campagnes transforme et accru par le peuple des villes.

Une minorite est composee de rentiers nobles, de clercs et de la bourgeoisie ( les "privilegies").

Les revenus du sol montaient vers cette minorite (rente fonciere, droits feodaux, le cens, les champarts, banalites, lods, ventes, impots, charges etc).

Les bourgeois comme les nobles etaient "seigneurs et proprietaires mais leur gestion etait encore plus attentive, plus proceduriere, plus rapace en somme que celle de bien des nobles"( Pierre Goubert).

Ils detenaient billets, creances ou reconnaissances de dettes, hypotheques, promesses d'annexions foncieres futures.

Ils detenaient a leur merci le petit peuple par le systeme d'avance de grains, d'outils, de tissus ou de salaires.

Ils pretaient de l'argent au roi car ils recoltaient l'impot.

Le clerge rassemblait bourgeois et nobles.

Les cadets de la noblesse devenaient clercs ou moines. Ils vivaient des revenus fonciers de la terre et des droits seigneuriaux,.et des revenus propres a l'Eglise comme la dime.

Les cures de ville ou de campagne avaient une belle aisance. Ils etaient issus de la moyenne bourgeoisie et de la riche paysannerie.

Les cures vivaient de la dime versee par les paysans, des revenus de leur jardin, des terres de l'Eglise paroissiale et de nombreuses fondations.

Ces fondations etaient des legs d'argent ou de terres par des moribonds desireux de s'assurer des messes pour l'eternite. 

Les cures avaient 200 a 300 livres depuis 1634 et donc un minimum pour vivre qui leur permettait une existence modeste mais a l'abri de tout souci.

Un capitalisme foncier etait la cle de la structure sociale du royaume (seigneuries et dime, structures anciennes ou usure, rente, rachat par les riches familles du royaume).

Les fortunes des marchands comportaient bien souvent une part d'investissement et de revenus fonciers (issus de l'exploitation de la terre).

 

Les marchands possedaient differentes sources de revenus: stockage de marchandises, creances ou dettes de clients ou creanciers. Ces fortunes fluctuaient a la merci d'une crise, d'une surproduction, d'un naufrage ou de la faillite d'un client important. Leurs fortunes etaient menacees et on comprend pouquoi au bout d'une generation ou deux, on achete un office ou on achete une terre comme investissement foncier.

Certains sont entrepreneurs et creent des manufactures ( textile ou metallurgie) et cela prefigure le futur capitalisme industriel. Cette bourgeoisie manufacturiere finissait par s'assimiler aux milieux de la noblesse et du clerge et achetaient des terres (.des rentes foncieres) .

C'est donc une societe d'Ancien regime a la fois simple et complexe dans ses multiples formes rurales ou urbaines...