Société, culture et politique dans la France du XIXè siècle

Niveau concerné (cycle 3 ou cycle 4)

cycle 4

Classe

Quatrième

Point du programme abordé

Conditions féminines dans une société en mutation

Compétences mises en œuvre

 s’informer dans le monde du numérique.
 analyser et comprendre des documents.travailler avec des sources variees (romans, peintures, cartes postales anciennes de la fin du XIXeme siecle)...
 pratiquer différents langages en Histoire.
 coopérer et mutualiser. Se preparer en Histoire des Arts

Se reperer dans le Temps.Revolution industrielle et vie des ouvrieres au XIXeme siecle en France.

Acquerir une culture humaniste commune. Connaitre des oeuvres du patrimoine commun. Parcours d'Education Artistique et Culturel. Patrimoine regional.Histoire regionale/ Histoire des mentalites/histoire de la vie quotidienne.

Acquerir une sensibilite et un jugement.

Emc travailler sur l'egalite entre les hommes et les femmes. Notions: egalite en droits/ feminisme/histoire sociale/histoire des femmes/feminisme.

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I. Les emplois industriels se developpent au XIXeme siecle

La conserverie s’est développée au XIXe siècle, grâce à l’invention géniale de Nicolas Appert vers 1820.

Tous les ports atlantiques proches de zones poissonneuses ont alors connu une véritable révolution. D’autres naissent de l’arrivée de ces usines, comme Le Guilvinec...

Ces usines appartiennent a des industriels ou conserveurs.

La sardine est un poisson fragile, essentiellement pêché l’été. Dès son arrivée sur les quais, les femmes s’affairent, tant la sardine doit être fraîche quand elle est travaillée.

II. Une main d’œuvre essentiellement féminine et peu chere:

Une sardiniere est une ouvriere employee dans une conserverie de sardines.

 Elles mettent en boite le poisson.

La mise en boîte industrielle de la sardine se décompose en plusieurs opérations.

Déversée sur une table, elle doit être rangée tête en bas dans des paniers en fil de fer qui sont trempés dans de l’huile bouillante.

Ensuite, le poisson est placé dans les boîtes qui sont alors remplies d’huile puis soudées à la machine. Or, ce processus est impossible à mécaniser.

Afin de demeurer compétitifs dans un secteur fortement concurrentiel, les industriels cherchent à diminuer les coûts de fabrication en employant une main d’œuvre féminine moins payée que son homologue masculine…

 

Préparer la sardine est donc une affaire de femmes. À la fin du XIXesiècle, celles-ci représentent 80 % du personnel des conserveries des Sables d’Olonne ou de Douarnenez.

 

Leurs conditions de travail:

L’activité est irrégulière, avec de très longues journées de travail (parfois entre 16 et 18 heures !).

Les conditions de travail sont rudes en raison de la chaleur, de l’odeur de l’huile bouillante et des manipulations répétées.

De bas salaires

 

Le salaire est peu élevé (moins d’un franc par jour en 1850, deux francs en 1914). Les ouvrières sont payées en outre à la pièce, au mille de sardines préparées.

Elles trouvent toutefois dans cet emploi un revenu d’appoint complétant celui du mari et permettant d’assurer le quotidien. En effet, ce sont pour la plupart des femmes de pecheurs.

 

III.A la pointe du combat social

 

Bien que forces vives de l’industrie de la conserverie, les sardinières sont souvent peu considérées par les fabricants. Devant la difficulté à mettre en place un cadre consensuel et négocié, les ouvrières n’hésitent pas à faire entendre hors de l’entreprise leurs revendications, notamment pour diffuser dans toutes les entreprises le salaire à l’heure et non plus à la tâche.

L’extrême diversité du tissu industriel de la sardine, où des très petites entreprises cohabitent avec des firmes frôlant les 500 employés, explique la variété des conditions salariales.

En février 1905, les ouvrières de Douarnenez obtiennent d’être payées à l’heure, système déjà en place à Quiberon ou à La Turballe. De toute évidence, les sardinières savent faire de l’information un argument de négociation.

Revendications et conflit social

 

Elles connaissent également la vertu des instances représentatives dans une négociation. Lors d’un nouveau conflit à Douarnenez en 1924-1925, des ouvrières rejoignent le comité de grève chargé de dialoguer avec les dirigeants des conserveries. Même minoritaires (six représentantes sur quinze membres), les déléguées font entendre la voix singulière des femmes. Portées par toute une ville, bénéficiant d’un vaste mouvement de solidarité nationale, les sardinières obtiennent gain de cause après six semaines.

L’histoire des sardinières bretonnes s’inscrit ainsi dans celle de l’évolution de la condition féminine.

 

« Avoir du pain au repas sur la table »

 

Lors de la grève de 1924, les sardinières évoquaient dans une de leurs chansons une de leurs revendications majeures : « avoir du pain au repas sur la table ». De fait, le pain (de seigle) est l’aliment essentiel de tout menu d’une ouvrière des conserveries. Il accompagne la soupe, soit de légumes achetés ou cueillis dans le jardin, soit à la graisse, parfois agrémentée d’un poisson. Découpé en larges tranches, il est trempé dans le potage.

 Leur repas

L’ordinaire peut être parfois amélioré. À Douarnenez, plutôt que de rentrer dans leur domicile ou de manger dans l’entreprise, des sardinières se rendent chez des crêpières qui les accueillent chez elles. Les clientes apportent le beurre et le gros lait et mangent plusieurs crêpes trempées dans du lait. D’autres consomment des galettes, un repas peu onéreux d’autant qu’il n’est pas accompagné de produits chers. Beurre, œufs et lait baratté enrichissent les galettes, devenues aujourd’hui un élément phare de la gastronomie bretonne.

 

 Un travail de nuit penible:

En saison, quand les pêches « donnent », ces ouvrières travaillent le jour, et la nuit après de courts moments de sommeil. Elles chantent alors, pour se tenir éveillées. Certaines font 80 heures de labeur en cinq jours pour gagner entre 64 et 72 francs. Les salaires les plus bas de France dit-on. Les heures de nuit valent celles du jour, pas davantage !

Blog yoan.chanoir

Carte postale représentant l’industrie sardinière en Bretagne