Société, culture et politique dans la France du XIXè siècle

Niveau concerné (cycle 3 ou cycle 4)

cycle 4

Classe

Quatrième

Point du programme abordé

Conditions féminines dans une société en mutation

Compétences mises en œuvre

 s’informer dans le monde du numérique.
 analyser et comprendre des documents.travailler avec des sources variees (romans, peintures, cartes postales).
 pratiquer différents langages en Histoire.

Savoir ecrire en Histoire.

Ecrire pour structurer sa pensee.

Exercer son esprit critique.
 coopérer et mutualiser. Se preparer en Histoire des Arts

Se reperer dans le Temps de l'Histoire. Connaitre la societe du XIXeme siecle, l'Age industriel et ses mutations.

Connaitre la variete des statuts sociaux des femmes et leur place dans la vie politique, economique, familial et leurs representations culturelles.

Acquerir une culture humaniste commune. Connaitre des oeuvres du patrimoine commun.

Acquerir une sensibilite et un jugement.

Emc travailler sur l'egalite entre les hommes et les femmes.

Auguste Renoir (1841-1919)
Bal du moulin de la Galette
1876

Au XIXe siècle, Douarnenez, ville du Finistère, s’industrialise et prospère grâce au commerce de la sardine. L’essor de la pêche était auparavant limité : malgré un riche vivier de sardines dans la baie et les fonds voisins, les marchés se trouvaient trop loin pour pouvoir les vendre. De ce fait, quand la technique de conservation des aliments fut inventée par Monsieur Appert (l’appertisation) et ensuite développée (les boîtes en fer-blanc remplacèrent les bocaux de verre), le Nantais Joseph Colin, confiseur de son métier, créa et développa des usines sur les côtes bretonnes dès le début du XIXe siècle. Douarnenez passe de trois usines en 1860, à près de trente en 1880.

Les glaneuses)

Huile sur toile, 83,5 × 110 cm, Musée d'Orsay, Paris. Jean-Francois Millet 1857.

Rue de Paris, temps de pluie par Gustave Caillebotte

Rue de Paris, temps de pluie. Il s'agit de la place de Dublin vue depuis la rue de Moscou. 8e arr.
Type d'objet peinture
Genre paysage urbain
Date 1877
Technique/matériaux huile sur toile
Dimensions Hauteur : 212,2 cm ; Largeur : 276 cm

Histoire -classe de Quatrième

 

Conditions féminines dans une société en mutation au XIXème siècle

 

Quelle est la place des femmes dans la société du XIXème siècle ? (question problématique à laquelle le cours répond).

 

 

 

Chronologie : se repérer dans le temps

 

sous l'Ancien Régime

 

Les femmes ne transmettent pas la noblesse et n'héritent pas des titres de noblesse.

 

Les femmes ont parfois plus de liberté (dans les milieux aristocratiques).

 

Elles ne participent pas au Clergé catholique réservé aux hommes uniquement.

 

Elles ont plus de liberté dans le Tiers-Etat (banquières comme Madame Geoffrin au XVIII eme siècle). Elles ont participé à la lutte des femmes (marche des femmes à Versailles Octobre 1789, clubs politiques Girondins, les Cordeliers, mouvement des Sans-Culottes).

 

1789 : « les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits », article 1, Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen.

 

1791 : Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne rédigée par Olympes de Gouges, une femme révolutionnaire considérée comme l'une des premières féministes.

Le droit au divorce est proclamé durant la Révolution.

 

Le féminisme : un mouvement militant pour les droits des femmes dans la société.

 

Après la mort de Robespierre, les Thermidoriens du Directoire (1795-1799) excluent les femmes de la vie politique.

 

1804 : Code Civil de Napoléon Ier

 

L'infériorité des femmes est établie par le Code Civil napoléonien de 1804 qui instaure l'incapacité juridique de la femme mariée, totalement soumise à son mari.

 

Incapacité juridique :

 

Au XIXème siècle, l'incapacité juridique pour les femmes de prendre des décisions. Les femmes sont soumises au bon vouloir de leur époux.

 

1848 : instauration du Suffrage Universel pour les citoyens âgés de plus de 21 ans , cependant, il s'agit d'un suffrage masculin et les femmes sont exclues de ce suffrage.

 

Les femmes n'obtiennent le droit de vote qu'en 1944 en France (après les Russes et les Anglaises en 1917).

 1881-1882 : les lois Ferry

Les lois scolaires Jules Ferry rendent l'instruction publique obligatoire pour les garçons et les filles au niveau primaire de 6 à 13 ans.

 

L'école publique est gratuite et laïque cependant beaucoup de filles contiuent à travailler aux champs pour garder le bétail et aider aux travaux de la ferme dans une société majoritairement rurale et paysanne.

 

La date de 1804 est un recul pour les femmes par rapport à la période de la Révolution Française où la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen (article 1). Durant tout le XIXème siècle, les femmes sont exclues du vote (150 ans sans avoir le droit de vote).

1881 est une date à retenir car elle permet une éducation primaire pour les femmes.

I- La femme au XIXème siècle est cantonnée dans un rôle de mineure et de non-citoyenne

 

Le Code Civil de 1804

 

Il instaure la domination des hommes. Les femmes sont considérées comme des enfants mineurs.

 

Elles ne peuvent pas voter.

Le mari a tout pouvoir sur son épouse. Elle passe du contrôle du père à celui du mari durant toute leur vie. Le divorce est plus facile dans les milieux bourgeois que dans les couches sociales inférieures.  

Leur rôle est celui de la mère tenue d'assurer la descendance.

 En 1848, elles sont oubliées par la IIème République (1848-1851).

 Quelques femmes soutiennent la cause des femmes et leurs droits par exemple Hubertine Auclerc (une suffragette) ou Louise Michel (pour l'éducation des filles).

 

II- Le travail des femmes est difficile et peu valorisé

 

A la campagne, les femmes travaillent aux champs sans être payées.

 

Les loisirs sont rares : feux de la Saint-Jean, veillées devant le feu de cheminée, mariages champêtres, messes à l'église, garde des enfants, travail aux champs, moissons, filage et tissage de la laine, couture, bals champêtres. La matrone est la sage-femme qui fait naître les enfants et pratique les avortements -interdits avant 1975 ;

La plupart des mariages sont arrangés par les familles, ce sont des mariages de raison. Les vieux cultivateurs veufs se marient avec des jeunes filles. En France, la fécondité est faible. Certaines régions sont plus fécondes (le Nord ou l'Ouest). On ne connaît pas encore la contraception. Il n'est pas rare de compter des familles nombreuses (dans les registres d'Etat-Civil tenus par l'Etat depuis la Révolution). Certaines meurent en couches ou de maladies (par exemple la tuberculose, la phtisie). Le concubinage est mal vu à la campagne, on s'efforce de marier les jeunes filles avant leur 25 ans (sinon elles "coiffent Sainte-Catherine" est c'est mal vu). Les femmes qui ne sont pas mariées sont rares.

A la campagne, les nourrices gardent les enfants des femmes plus riches de la ville sous l'Ancien Régime mais peu à peu les femmes de l'élite bourgeoise vont s'emparer du sujet de l'éducation des enfants -influencées par Jean-Jacques Rousseau « L'Emile ou de l'Education », elles se piquent d'éducation.

Il existe des hospices pour enfants trouvés depuis l'Ancien Régime ; Les filles-mères sont mal vues (nom donné aux femmes célibataires qui ont des enfants seules) ; c'est mal vu par l'Eglise catholique. Peu à peu, les mentalités et les dogmes d'Ancien Régime marqués par la culture religieuse évoluent.

 D'après l'Historien Georges Duby, "les mentalités sont des prisons de longue durée", elles évoluent sur un temps très long de l'Histoire.

En ville , elles s'emploient comme ouvrières dans les manufactures. Elles sont plus libres dans l'anonymat de la ville mais leur condition est plus précaire : il faut attendre 1884 pour voir les premiers syndicats autorisés et les journées font plus de huit heures. Elles sont souvent moins payées que les hommes (cette inégalité existe encore!).

 

Elles sont soumises aux ordres des contremaîtres.

 

Exemple : dans le textile, elles travailles de longues journées en station-debout et n'ont que peu de pauses.

 Les femmes de la Bourgeoisie assurent la tenue du foyer et la gestion des enfants. L'éducation des filles a pour finalité le mariage dans les milieux bourgeois (bonnes manières, danse, piano, lectures pieuses, bals). 

ex: grande variété des milieux bourgeois des familles d'industriels qui s'allient à la noblesse et où les jeunes filles apportent de substantielles dots. La famille bourgeoise peut ainsi ajouter une particule et investir le champ de la noblesse surtout si le marié, héritier d'une famille noble désargenté, apporte son nom prestigieux. Jusque dans les années 1930-1950, les nobles sont encore respectés dans les villages où ils ont un château familial et vivent de plus en plus à Paris. 

L'été, les familles bourgeoises ou nobiliaires vont dans leur château campagnard avec domesticité et affaires. 

Les frontières sont parfois tenues entre ces milieux sociaux tant on cultive des réseaux de sociabilité (la famille de Wendel propriétaire d'aciéries s'unie à la famille Seillière ). 

ex:bourgeoisie de provinces (notaires, milieux de la Robe, magistrats, marchands, négociants). Dans le roman "Le Père Goriot" de Balzac, le père s'est enrichit sous la Révolution et l'Empire ce qui lui permet de bien marier ses filles. Une des deux se marie au Banquier Nucingen et réalise une ascension sociale.

la dot est une somme d'argent que la famille de la mariée donne au futur époux.  C'est une forme de monnayage de la femme. Cette pratique existe encore de nos jours en Afrique ou en Asie (Inde). Les femmes avaient le linge prêt, l'armoire de la mariée, le trousseau, quelques meubles que l'on transmet (source, inventaires notariés).

Elles travaillent à domicile (par exemple dans le textile, à Lyon, les canuts travaillent à domicile).

Les domestiques peuvent aider les femmes par exemple, les nourrices venues de la province, les cuisinières,ou les femmes de chambre. Elles sont logées dans des chambres de bonnes dans les immeubles Haussmaniens construits sous le Second Empire.

 

Les écrivains ont décrit cette misère des logements ouvriers avec des enfants déguenillés (oeuvre de Victor Hugo (l'homme -siècle nait en 1802-1885, qui finit républicain et s'oppose à Napoléon III durant la période 1851-1870 ; Il meurt en 1885 honoré de tous).

 

Au bord de mer, on voit des femmes ouvrières : les sardinières de Douarnenez participent aux premières grèves dans les usines crees vers 1880, les ouvrières du tabac dans les manufactures de tabac (comme à Morlaix), les lavandières discutent des nouvelles ou chantent au lavoir. (pas de machines à laver, on lave le linge au lavoir collectif) et les femmes de pêcheurs qui fabriquaient les filets.

 

Les sardinières sont les ouvrières qui font les boîtes de sardines péchées en mer. A cette époque, une boîte de sardine coûte cher et c'est un luxe.

 

III- Quelques changements dans la condition féminine dans la seconde moitié du XIXème siècle 

a- dans le domaine économique

 

De nouveaux métiers apparaissent : vendeuses de grands magasins, emplois en ville (artisanat).

 

En ville, elles sont couturières, marchandes de mode, lavandières, blanchisseuses, porteuses de pain, porteuses d'eau, fleuristes, marchandes de chapeaux ou marchandes de légumes, dentellières, vendeuse de parapluies. Certaines sont prostituées (femmes

de mauvaise vie ou « cocottes ») en ville. Elles apparaissent dans les peintures de Pierre-Auguste Renoir, de Edouard Manet, de Claude Monet ou de Gustave Caillebotte. On les voit déambuler dans les rues, au parc ou dans les guinguettes des bords de Seine ou de Marne ou les peintres peignent sur le motif.

 

On les aperçoit sur les cartes postales anciennes. On les voit dans les faits divers des premiers journaux à sensation (Le Petit Journal, dans les almanachs à la campagne et dans les publicités (pour le savon, pour le tourisme dans le sud etc).

 

Les danseuses parviennent à gagner leur vie (peintures d'Edgar Degas, danseuses du Moulin Rouge).

 

Vers 1860, Aristide Boucicaut crée les grands magasins. Le Bon Marché emploie des vendeuses, qui peuvent faire carrière et s'affranchir du joug patriarcal.

 

le patriarcat est une situation familiale ou la fille est soumise au pere ou la femme est dependante de son mari.

Dans l'Antiquite romaine, le Pere a droit de vie et de mort sur les enfants et les femmes romaines sont reduites au rang de femmes au foyer.

A l'inverse, le matriarcat implique une situation ou les femmes ont le pouvoir de chef de famille notamment en pays germanique ou celtique depuis le Moyen-Age (dans le cycle arthurien, on voit des fees comme Viviane la Dame du lac).

Le patriarcat subsiste en pays latin. Les feministes de denoncent le pouvoir des hommes sous l'expression "joug patriarcal". Plusieurs types de feministes existent: les suffragettes (plutôt d'extraction bourgeoise) reclament le droit de voter et les marxistes ou socialistes veulent l'emancipation des femmes par le travail et l'independance economique.

Dans les milieux chretiens, les femmes assurent la charite, le dons aux bonnes oeuvres ou l'enseignement (catechisme).

la charité chrétienne est pratiquée par les femmes de la Bourgeoisie pour donner aux plus pauvres dans les paroisses. Les dames patronnesses assuraient une tournée dans les foyers pauvres pour s'assurer le soutien des plus démunis.

Peu a peu, elles recherchent l'egalite en droits et la pleine citoyennete.

 

Elles sont sensibles à l'univers de la mode : c'est le début du grand magasin et de la consommation de masse.

Elles consomment des robes (textile), des porcelaines, des jeux pour enfants etc. On voit les femmes au jardin du Luxembourg où elles promènent les enfants ou sur les Champs-Elysées (Balzac les montre dans les salons huppés du Faubourg St Germain ou Marcel Proust dans les salons mondains à Paris ou sur les planches de Deauville durant la saison estivale).

 

 

L'enseignement secondaire s'ouvre peu à peu aux filles.

 

A la toute fin du XIXème siècle, quelques femmes investissent les universités comme Marie Curie. C'est encore mal vu des hommes. (voir le téléfilm sur Maria Montessori).

 

b- Dans le domaine politique, social et culturel

 

quelques avancées sous l'action des femmes :

 

Elles participent à la luttes des femmes sous la Commune de Paris : Louise Michel exerce le métier d'institutrice et ouvre une école (1871). Elle éduque des Kanaks en Nouvelle- Calédonie. Des femmes comptent parmi les premieres socialistes.

 

 George Sand exerce le métier de plume ou d'écrivaine vers 1848 (elle meurt en 1876). Elle gagne sa vie et publie beaucoup. Elle s'inspire des paysans du Berry (La Mare au Diable, La Petite Fadette).

 

Certaines sont sculptrices (Camille Claudel) ou peintres (Rosa Bonheur ou Berthe Morisot, amie de Manet et des Impressionnistes qui participe au mouvement des Impressionnistes).

La comtesse de Ségur, née Sophie Rostopchine, fille de général russe, écrit ses romans pour enfants en voyant évoluer ses petits-enfants (Les Malheurs de Sophie).

Dans le domaine du Théâtre et du spectacle vivant, la célèbre Sarah Bernardt est la vedette de la Belle Epoque (la plus grande actrice Française de la Troisième République. Elle prend la direction du Théâtre de la Renaissance en 1893).

Conclusion

 

On parle des conditions et non de la condition de la femme pour analyser la grande variete des statuts, métiers, rangs ou classes sociales.

Le destin de la femme paysanne differe de celui de l'ouvriere, de la bourgeoise ou de la marchande de rue.

Toutefois, elles revendiquent de plus en plus l'egalite, de fraternite et de liberte

 

 

films où apparaissent des femmes au XIXème siècle-début XXème siècle :

films de Jean Renoir

"Un dimanche à la campagne" de Bertrand Tavernier

film" Renoir"

Film "Camille Claudel" avec Isabelle Adjani

Film Lou Andre-Salome

romans

 

"L' Assomoir "d'Emile ZOLA

"Au bonheur des Dames"

d'Emile Zola

femmes de mineurs dans Germinal

la célèbre Cosette de Victor Hugo dans les Misérables. Fantine au destin tragique, sa mère dans "les Misérables".

Romans de Honoré de Balzac La Comédie Humaine est le cycle Balzacien avec des héroîes féminines provinciales et parisiennes.

Eugénie Grandet

Ursule Mirouet

Le Père Goriot

Beatrix

Le lys dans la Vallee.

Cycle de Marcel Proust "A la recherche du temps perdu"

Maupassant Nouvelles sur les campagnardes.

Flaubert "Madame Bovary" sur les femmes de la Bourgeoisie

Stendhal "Le rouge et le Noir".

George Sand " La Petite Fadette"

"La mare aux Diable".

Romans comtesse de Segur

Docu-fiction ARTE sur les Grands Magasins

 

 Romans russes

Tchekhov

Dostoievsky

Tolstoi

Romans de Jane Austen

Henry James