Ruth Klueger en 2016. Universitaire austro-americaine rescapee du genocide.

L’autrice américaine d’origine autrichienne Ruth Klüger, survivante de la Shoah, est morte à l’âge de 88 ans en Californie, a-t-on appris, mercredi 7 octobre, auprès de sa maison d’édition viennoise. « Il est rare de rencontrer une personne avec autant de magnétisme », a dit son éditeur, Zsolnay, lui rendant hommage dans un communiqué.

Née en octobre 1931 à Vienne dans une famille juive, fille d'un gynecologue, Ruth Klüger avait été déportée alors qu’elle n’avait pas 11 ans au camp de concentration de Theresienstadt, dans le protectorat de Bohême-Moravie dépendant de l’Allemagne nazie, aujourd’hui Terezin, en République tchèque.

A 14 ans, elle rejoint Auschwitz, en Pologne, avant d’être envoyée dans un autre camp, où elle est soumise au travail forcé. Simone Veil lui souffle de dire qu'elle a 15 ans et non 13.

 

Immigrée aux Etats-Unis à l’âge de 15 ans, elle fera ses études à New York et à l’université de Berkeley, en Californie.

Devenue professeure, spécialiste de littérature germanique, elle se consacra d’abord à ses travaux de recherche, et ce n’est qu’après un grave accident de la route en Allemagne, dans les années 1980, qu’elle évoqua son expérience des camps.

« Une injustice qui ne pourra jamais être réparée »

Dix ans plus tard, l’universitaire publiait Refus de témoigner, où elle portait un regard critique sur le travail de mémoire. « La torture n’abandonne pas le torturé, jamais, de toute sa vie », écrivait-elle. A la presse autrichienne Ruth Klüger avait confié son « ressentiment pour une injustice qui ne pourra jamais être réparée ». « Ce n’est pas à nous, survivants, d’être responsables du pardon », disait-elle.

Le Monde 7.10 20

Refus de témoigner de Ruth Klueger

Citations babelio.com

Ruth Klüger n'a jamais cru que l'humanité évoluerait vers un avenir meilleur. Lorsqu'elle est arrivée à Auschwitz, a-t-elle déclaré lors d' une conversation avec SPIEGEL , une femme dans son wagon ne pouvait pas croire ce qu'elle voyait. "Mais nous sommes en Europe centrale", a déclaré la dame. Comme s'il fallait être protégé d'une telle folie par la culture et la civilisation. Une erreur fatale, comme l'a dit Klüger. "Je ne pense pas que cela nous ait sauvés d'une manière ou d'une autre de quoi que ce soit." spiegel.de