De la monarchie à la République -source Herodote.net

Correction semaine du 30 mars au 3 AVRIL

Qui est Adolphe Thiers, le premier Président de la IIIème Répubque et quel rôle joue -t-il? 



Louis Adolphe Thiers naît à Marseille le 15 avril 1797, dans les derniers temps de la Révolution.



1- Un homme ambitieux



Étudiant brillant, il quitte Aix-en-Provence pour Paris avec une formation d'avocat mais, désireux d'accéder au plus vite aux plus hautes marches du pouvoir, il s'engage dans le journalisme et publie pige sur pige. Son objectif est de se faire connaître ainsi que de s'enrichir ! Cela lui est indispensable sous la Restauration, ne serait-ce que pour accéder au statut d'électeur, réservé aux citoyens les plus aisés.

Toujours dans le but de s'enrichir, Thiers publie en 1824 la première Histoire de la Révolution française. Il a pressenti le goût naissant des Français pour l'Histoire et s'empresse d'exploiter le filon encore vierge de la Révolution. Cette oeuvre colossale mais sans grand intérêt historique aujourd'hui le sort de l'anonymat et lui rapporte de confortables revenus.



2- Député monarchiste plutôt conservateur

son rêve est celui d'une monarchie parlementaire (« Le roi règne et ne gouverne pas », écrit-il). Député des Bouches-du-Rhône en octobre 1830, il accède aussitôt au gouvernement. Il a 33 ans et ne quittera plus guère les allées du pouvoir jusqu'à sa mort, en 1877.



3- Rôle pendant la IIIème République: un homme d'Ordre

 

Il faitla paix avec l'Allemagne en 1870 mais réprime la Commune de Paris dans le sang

Thiers a 73 ans quand s'effondre le Second Empire mais, pour lui, le meilleur reste à venir. Ce sera la négociation du traité de Francfort avec Bismarck et la sauvage répression de la Commune, selon les plans qu'il avait envisagés à plusieurs reprises, sans succès, au cours de sa vie passée.


4-Président de la République Française

Thiers devient le deuxième président de la République française (après Louis-Napoléon Bonaparte en 1848). Bourgeois et conservateur, il a la faveur de la majorité monarchiste de l'Assemblée nationale.

Mais celle-ci est divisée entre orléanistes et légitimistes et l'opinion publique, d'autre part, s'accoutume aux institutions républicaines. Thiers lui-même se rallie peu à peu à la République. Peu lui importe la nature du régime pourvu qu'il respecte les intérêts des possédants. Il déclare le 13 novembre 1872 devant les députés « La République sera conservatrice ou ne sera pas ».

Mais les députés monarchistes ne partagent pas son pragmatisme. Le 24 mai 1873, l'Assemblée, constatant son manque d'empressement à restaurer la monarchie, lui retire sa confiance et porte à la présidence le maréchal Mac Mahon, un royaliste sincère.

 5- Le « libérateur du territoire »

Le 16 juin 1877, le républicain Gambetta salue son vieil adversaire du titre de « libérateur du territoire ». Thiers, en effet, a l'insigne mérite d'avoir bouclé en deux ans le remboursement de l'indemnité de guerre de 5,5 milliards de francs due aux Allemands. Il a pour cela lancé deux emprunts en juin 1871 et juillet 1872. Ils ont permis le départ anticipé des troupes d'occupation dès septembre 1873 (à l'exception de l'Alsace et du nord de la Lorraine). Dont acte.

 

Le héros s'éteint le 3 septembre 1877 à 80 ans. Cinq jours plus tard, oublieux de son passé monarchiste et de son attitude à l'égard des Communards, le peuple français unanime lui offre des obsèques grandioses.