Qui est Louise Michel?

Louis Michel (biographie) correction semaine du 30 Mars au 3 avril 2020  

Une féministe et une révolutionnaire engagée de la Commune de Paris

cours IIIème République (1870 à 1914- classe de 4ème)

 

 

Institutrice, militante révolutionnaire et libertaire française

1830 - 1905




Biographie de Louise Michel

1- Une enfance dans un château et une formation aux idées des Lumières :


Née au château de Vroncourt en Haut-Marne, Louise Michel est la fille née hors mariage du fils du châtelain, Laurent Demahis, et de la servante Marianne Michel. Elevée par ses grands-parents, elle reçoit une bonne instruction et une éducation libérale, elle lit Voltaire et Rousseau, philosophes de Lumières. Elle étudie la musique.



2- Profession : Institutrice



Mais en 1850, après la mort de son père et de ses grands-parents, Louise Michel est chassée du château et devient institutrice.

Elle fonde une école libre où elle enseigne pendant trois ans .

Louise Michel s'installe à Paris pour enseigner dans l'institution de madame Voillier.


3- Idées et correspondance avec Victor Hugo

Pour satisfaire sa soif de connaissance, elle suit les cours du soir dans les domaines les plus modernes du savoir. A Paris, Louise Michel fait la connaissance de Jules VallèsEugène VarlinRigaultEudes, et surtout Théophile Ferré, qu'elle aime avec passion. Elle écrit pour des journaux d'opposition et rédige des poèmes qu'elle adresse à Victor Hugo. Elle entretient avec l’auteur des Misérables une longue correspondance de 1850 à 1879.

Secrétaire de la Société démocratique de moralisation, dont le but est d'aider les femmes à vivre par le travail, Louise Michel mène également une activité politique, qu'elle poursuivra jusqu'à sa mort.


4- Engagement citoyen et politique 


En 1870, elle est élue présidente du Comité de vigilance des citoyennes du XVIIIe arrondissement de Paris. Très active pendant la Commune de Paris, Louise Michel fait partie de la frange révolutionnaire la plus radicale et se porte même volontaire pour aller seule à Versailles tuer Adolphe Thiers.



Sa mère ayant été arrêtée et menacée d’être exécutée pour faire pression sur elle, Louise Michel se rend pour la faire libérer. Surnommée la Vierge Rouge, elle est condamnée à la déportation à vie et envoyée en Nouvelle Calédonie où elle reste jusqu'en 1880. C'est sans doute au contact de Nathalie Lemel, une des animatrices de la Commune, déportée avec elle, que Louise Michel devient anarchiste.

 

5- Sa vie après la Commune de Paris 

Accueillie par la foule à Paris, Louise Michel reprend son activité militante. Elle donne des conférences, intervient dans des meetings, défend l'abolition de la peine de mort, les ouvriers et les chômeurs.

Lassée par les calomnies et le manque de liberté d’expression, Louise Michel s’installe à Londres en 1890 où elle gère une école libertaire. A la demande de Sébastien Faure, elle revient en France en 1895. Arrêtée à plusieurs reprises lors de manifestations, elle est emprisonnée pendant trois ans avant d'être libérée.

Louise Michel meurt d’une pneumonie à Marseille au cours d’une tournée de conférences dans le sud de la France. Une foule de 120 000 personnes l’accompagne lors de ses funérailles jusqu’au cimetière de Levallois.

Louise MICHEL (1830.1905)

 

Lettre autographe signée à Eugène Pelletan.  

Deux pages in-8°. Slnd.

 

« J'ai l'éblouissement de cette République que j'aime jusqu'à en mourir et 

je ne vois la tombe qu'environnée de cette divine vision. »


Extraordinaire lettre de Louise Michel emplie de toute son âme et de toute sa fureur révolutionnaire.

 

« Il y a quelques jours je voulais vous montrer un recueil de vers dont la 1ere page est une date des élections, et la dernière celle de la mort de Lincoln ; je ne l'ai pas fait parce que s'occuper de vers en ce moment serait perdre un temps précieux.  Aujourd’hui pourtant je vais vous en faire perdre un peu car je suis dans un de ces instants où il faut dire ce qu’on a sur le cœur (…) Or, ce que j’ai sur le cœur le voici : Je ne suis qu'une femme, mais je ne sais quelle force inépuisable je me sens en ce moment. Je crois qu'il y a dans l'air de puissantes effluves révolutionnaires et dans ces moments-là toute bonne volonté a sa place. S'il vous fallait, pour quelque chose que ce soit, une âme que la mort réjouisse, pensez à moi. Qui sait ! C'est à moi, peut-être qu'appartient de tomber sous les balles en plantant le premier drapeau sur la barricade. J'écris des folies mais j'ai toute la révolution dans le cœur. J'ai l'éblouissement de cette République que j'aime jusqu'à en mourir et je ne vois la tombe qu'environnée de cette divine vision. Pardonnez-moi de toujours jeter quelques lignes à travers vos occupations… »

Lettre manuscrite de Louise Michel.

 

Louise MICHEL (1830.1905)

 

Lettre autographe signée à Eugène Pelletan. 

Deux pages in-8°. Paris. Sans date.

 

« Plus on m’insulte, plus je lève la tête, mais au fond j’ai des sanglots plein le cœur et toute mon âme flamboie. »

 

Magnifique lettre de Louise Michel, le cœur frappé de désespoir, suppliant Pelletan de ses conseils ne pouvant obtenir ceux de Victor Hugo à Guernesey.

 

« Monsieur, Ceci est une confession, je ne trouve nul autre digne de la recevoir dans ce Paris tombé si bas et Pardonnez-moi de vous écrire dans un moment où tant de choses importantes vous occupent ; je ne sais pas en vérité si l’on est plus coupable de mêler pour un instant une question personnelle aux affaires de la patrie, ou de laisser perdre un courage qu’on pourrait employer peut-être. Jugez-en. Vous est-il possible de jeter un coup d’œil sur les cahiers que je me suis permis de vous confier et de me dire franchement si vous y voyez quelque chose d’utile, si cela a quelque chance de trouver un éditeur à Paris ou en Belgique ; si je puis comme écrivain servir un peu notre cause. ; et assez hardie pour rêver la délivrance du pays par le moyen de Judith et de Brutus. Je ne veux ni faire une chose qui nuirait peut-être, ni devenir folle. J’en demanderais bien à Guernesey mais on en laisse guère passer que les lettres qui ne contiennent rien. Les personnes que je vois sont pour la plupart des ennemis et je n’entends que des paroles moqueuses ou insolentes sur le peu de capacité de l’ardente républicaine qui n’a encore presque rien pu faire publier.  Conseillez-moi. Pardon encore, on a tant besoin de confiance quand on est environnée de trahisons et d’insultes.


Louise MICHEL (1830.1905)

 

Lettre autographe signée à Eugène Pelletan. 

Deux pages ¼ in-8°.

Rue des Cloÿs. Paris. Sans date (Circa 1865).

 

 

« Vous savez avec quelles persécutions j’ai à lutter.»

 

 

« Monsieur, Vous avez bien voulu m’offrir un mot de recommandation pour un éditeur. Permettez-moi de vous le demander dans le cas où cela vous serait possible en ce moment. J’ai corrigé le manuscrit en prose que vous avez parcouru ; J’aimerais mieux même payer un éditeur et en finir avec certaines insultes.  et que le peuple vous aime, et puis je suis trop orgueilleuse pour m’adresser à d’autres. Jugez si vous devez m’envoyer ce mot de recommandation, je me soumets à votre décision. Ce que j’écris en ce moment vaudrait mieux, je crois, mais comment attendre ? Il m’est arrivé une chose assez étrange ; au moment même où je réfléchissais, non pas avec exaltation mais sérieusement à une pensée dont je vous ai parlé, on m’a fourni les moyens d’arriver jusque-là. Est-ce le hasard ou la destinée ? Je crois que le hasard n’existe guère, Dieu en décidera.  Je ne vous fais pas passer mon manuscrit corrigé et remis au net, à quoi bon vous faire perdre du temps ; je ne monte pas non plus pour la même raison. »
Librairie Autographes des Siecles a Lyon 2020