Lundi 7 juin 2010 - Patrice Olivier

Photo 8/18 - À Yendouma, le marché a lieu tous les cinq jours, soit une fois par semaine (chez les Dogons, l'année comporte treize mois lunaires, divisés en semaines de cinq jours). Il commence tard dans la matinée, car les commerçants et les femmes viennent de loin et souvent à pied. Les marchands ambulants proposent des produits que l'on ne trouve pas sur place (sel, poisson séché, riz, vêtements, outils, vaisselle, tissus, etc.), et les femmes vendent leur production (fruits, légumes, beurre de karité, beignets, etc.). Vers 16 h, tout le monde remballe et reprend le chemin de son village, où certains ne parviendront qu'à la nuit tombée

La population des six pays francophones du Sahel sera multipliée par six, pour atteindre 540 millions d'ici à 2100, selon les projections de l'ONU.

"La raréfaction des ressources naturelles exacerbe les tensions", a ajouté M. Guterres, citant les affrontements pour la terre entre éleveurs et agriculteurs au Nigeria, qui ont fait des centaines de morts en 2018.

- Plan d'urgence -

Face à cette situation, 17 pays du Sahel ont adopté en février un plan d'investissement climatique de 400 milliards de dollars (350 milliards d'euros), sur la période 2019-2030.

Coeur au Mali» a déjà financé six puits de grand diamètre, dans les régions de Niamana, Dioumara, Bamako et Kayes, entre autres.

L'eau au Mali

Un pays en Afrique de l'Ouest

Au Mali il existe trois types de climat :

1- le climat du désert du Sahara au nord,

2- le climat semi-désertique du Sahel au centre, avec une saison des pluies de juin à septembre (et des précipitations qui vont de 100 à 600 millimètres par an),

3- le climat tropical de savane au sud, avec une saison des pluies plus intense et un peu plus longue, au point que les précipitations dépassent les 600 mm, et la majeure partie de la pluie tombe entre mai et octobre. 

La production agricole du Mali est essentiellement vivrière avec en particulier la production céréalière; s’ajoutex
également du maraîchage et des cultures d’exportations dont le coton (pluvial). L’augmentation des
superficies cultivées des dernières décennies ne s’accompagne pas systématiquement d’augmentation
des rendements en particulier en agriculture pluviale, mais souvent de défrichement de nouvelles terres
agricoles.

Mzli 2018 Unicef

 

 

Une école propre dans un village propre

Dans la région de Mopti, la construction de latrines et de points d’eau à l’école a changé la vie des enfants – et aussi de leurs parents !

Par Tijs Magagi Hoornaert
UNICEF/2018/Keita

 

23 octobre 2018

Avant la crise qui sévit au nord du Mali depuis 2012, la région de Mopti était un pôle d’attraction pour les touristes, connue pour ses falaises, ses paysages et surtout l’hospitalité légendaire de ses habitants. Mais depuis,  de nombreux villages dans la région se sont retrouvés isolés, le tourisme a cessé et le développement des communautés locales est entravé par l’insécurité grandissante.

Avec l’appui de l’UNICEF France, l’UNICEF au Mali a mis en place un programme pour améliorer la qualité de vie des enfants et des communautés à travers des projets d’eau, hygiène et assainissement dans les écoles et dans les communautés dans le centre et dans le nord du Mali.

UNICEF/2018/Keita

Une des composantes du programme est la création de clubs d’hygiène dans les écoles. À Wédié, dans le cercle de Bandiagara, Djoulde Napo (14 ans) est  la présidente du tout premier club d’hygiène de son école. Elle préside chaque vendredi une séance du club, composé de 12 garçons et filles qui sensibilisent les autres jeunes et leurs familles sur l’importance et les avantages de l’hygiène.

Le changement, dit-elle avec satisfaction, est énorme.

« Avant le club d’hygiène, le village n’était vraiment pas propre, » admet Djoulde.

UNICEF Mali/2018/Keita

« Les

La population des six pays francophones du Sahel sera multipliée par six, pour atteindre 540 millions d'ici à 2100, selon les projections de l'ONU.

"La raréfaction des ressources naturelles exacerbe les tensions", a ajouté M. Guterres, citant les affrontements pour la terre entre éleveurs et agriculteurs au Nigeria, qui ont fait des centaines de morts en 2018.

- Plan d'urgence -

Face à cette situation, 17 pays du Sahel ont adopté en février un plan d'investissement climatique de 400 milliards de dollars (350 milliards d'euros), sur la période 2019-2030.

gens faisaient leurs défécations dehors et ça causait beaucoup de problèmes. Le manque d’hygiène causait beaucoup des maladies et surtout chez les enfants. Nous ne nous réalisions pas que ces deux choses étaient liées.»

Avec l’appui de l’ONG Groupe d’Animation Action Sahel au Mali (GAAS-Mali), basée à Bandiagara, et des clubs d’hygiène, les membres de la communauté se sont familiarisés petit à petit avec un nouveau style de vie. Pour s’assurer d’un impact à long terme, le programme a formé 4 enseignants à Wédié. Les enseignants intègrent petit à petit des cours d’hygiène dans leur programme et font le suivi du club d’hygiène.

« Ce qu’un enfant apprend à l’école, il va l’appliquer à la maison, » explique Amadou Tembine, le directeur de l’école Wédié et en même temps enseignant de cours d’hygiène. « Cela nous assure que le message passera aux parents.»

« Même ma famille a appliqué mes conseils sur l’hygiène à la maison, » dit Djoulde. « Grâce à ces cours, j’ai pu convaincre ma famille de bien se laver les mains avant de préparer le repas et avant de manger. De bien se laver les mains après la toilette. D’être propre toujours. »

Mais les leçons sur l’hygiène et son importance seraient limités dans leur impact si les infrastructures d’eau et d’assainissement dans l’école et dans le village n’étaient pas en même temps améliorées.

Au Mali, en milieu rural, seulement 38% des écoles disposent de l'eau potable à l'école. Grâce au projet, l’école de Wédié a aujourd’hui un nouveau point d’eau, ainsi que des latrines séparées par filles et garçons. Avant, le manque de latrines avait un impact sur le maintien des enfants – et surtout des filles - à l’école.

« Nous les filles, nous étions gênées quand on avait besoin d’aller aux toilettes, » se rappelait Djoulde. « Heureusement qu’aujourd’hui il y a des latrines pour les garçons et pour les filles ! 

« Depuis que le club d’hygiène a été créé et les points d’eau construits, les enfants sont plus motivés pour venir à l‘école, » confirme avec satisfaction le directeur Amadou Tembine.

UNICEF Mali/2018/Keita

Au niveau du village, avant le début du projet, il n’y avait que 4 latrines pour une population de 1199 personnes. Aujourd’hui, le village a bénéficié de l’approche Assainissement Totale Piloté par la Communauté (ATPC) et dispose de 106 latrines, construites par les membres de la communauté eux-mêmes avec l’appui de l’ONG GAAS-Mali.

« Nous faisons un suivi quotidien dans le village, » explique Djouma Coulibaly, animatrice de l’ONG GAAS-Mali. « Nous sommes très stricts. Chaque latrine doit être équipée avec un dispositif lave-mains et doit prévoir du savon ou de la cendre. »

Au-delà de l’amélioration de l’hygiène et la réduction de maladies chez les enfants, l’impact du projet s’est fait ressentir aussi au niveau du pouvoir économique des ménages. Djoulde confirme : « Les voisins me disent qu’ils récupèrent l’argent qu’ils dépensaient dans les maladies. Ils économisent et leurs enfants ne sont plus malades.»

Le club d’hygiène est très apprécié dans le village, y compris par le chef de village.

« Notre village est un peu isolé mais quand-même très propre. Les jeunes du club hygiène font un travail très important, » dit Baïsso Biniba Djiguiba, le chef du village.

UNICEF Mali/2018/Keita

Malgré le fait que le village dispose de 106 latrines, il n’est pas encore certifié FDAL (fin de la défécation à l’air libre). Pour être certifié, il faut une latrine pour chaque concession. Djouma Coulibaly est confiante : « On va y arriver. Avec l’appui de l’UNICEF et les activités de sensibilisation, Wédié aura son certificat FDAL. »

L’école de Wédié est devenue un exemple de réussite dans la région. Elle a reçu un kit d’hygiène après avoir terminée troisième dans une compétition organisée par l’UNICEF et l’ONG GAAS-Mali pour les 35 écoles qui bénéficient du programme.

Le marché le plus proche est celui de Bandiagara, à 18 km de Wédié, mais la route entre les deux villages est en mauvais état. Heureusement pour Djoulde et son club, deux boutiquiers de leur village passent chaque vendredi au marché de Bandiagara et rentrent avec tous les produits nécessaires pour garder leur village propre.

UNICEF Mali/2018/Keita

« Grâce au club d’hygiène, moi, ma famille et mes amis avons appris beaucoup des choses sur l’hygiène. Nous arrivons à changer le comportement petit à petit et de développer notre village et protéger nos enfants, » dit Djoulde.

« L’hygiène pour moi est très simple : être propre toujours et éviter les maladies. »

Le village de Wédié fait partie des villages bénéficiaires du projet « Appui à la réhabilitation dans le nord du Mali à travers le WASH dans les écoles » mis en œuvre avec l’appui de l’UNICEF France en collaboration avec l’UNICEF Espagne, la Suède et le Danemark depuis début 2017.

Corvee d'eau