La Mort de Marat, Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique

Marat, examine par la genetique

Jacques-Louis David, La Mort de Marat (1793), musées royaux des beaux-arts de Belgique. © Wikipedia

Une équipe de généticiens moléculaires espagnols rapportent les résultats d’une analyse réalisée sur une tache de sang de Marat, « l’Ami du Peuple », assassiné par Charlotte Corday le 13 juillet 1793 dans sa baignoire dans laquelle il soignait une maladie de peau.

Au moment où il est poignardé par la jeune Caennaise de 25 ans, Jean-Paul Marat annote des articles de son journal l’Ami du Peuple : les numéros 506 et 678, respectivement publiés le 30 juin 1791 et 13 août 1792. Ceux-ci vont être tachés de son sang et conservés par la sœur du révolutionnaire, Charlotte Albertine, qui les confie en 1837 au collectionneur François-Nicolas Maurin. A la mort de ce dernier, selon des notes manuscrites de l’écrivain Anatole France datées du 10 octobre 1864, les deux articles vont être acquis par le baron Carl De Vinck qui en fera don en 1906 au département des estampes de la Bibliothèque Nationale de France (Paris).

Les chercheurs de l’Institut de biologie de l’évolution de Barcelone, en collaboration avec des chercheurs français et britanniques, ont travaillé sur le sang prélevé sur des feuilles de papier afin d’en extraire l’ADN. Ils ont ensuite utilisé des méthodes sophistiquées pour séquencer les traces de génome humain ainsi que l’ADN de germes pathogènes. C’est la première fois que l’on parvient à extraire un matériel génétique aussi ancien à partir de papier cellulose. Cette étude a été mise en ligne le 31 octobre 2019 sur le site de prépublication bioRxiv

Le Monde, le 8/11/2019.