Plan Huriel le donjon de la Toque en numero 3

 

La région de Montluçon possède un des rares témoignages encore presque intact d’une étape essentielle des arts militaires du premier âge féodal: le passage des donjons de bois aux premiers donjons de pierre. Le destin des donjons de bois juchés sur leurs mottes castrales a été très différents d’une seigneurie à l’autre. Rapidement devenues obsolètes face à la solidité éprouvée des constructions de pierre, les tours de bois, élevées par les premières familles dominant la région au XIe siècle, ont laissé la place à de nouvelles forteresses. Dans certains cas, la féodalité a abandonné les anciennes mottes pour construire des châteaux beaucoup plus vastes sur un autre emplacement, comme à Châteaumeillant ou à Bois-Sir-Amé, dans le Cher. Parfois, le terrassement castral a servi de soubassement à un grand donjon circulaire commandant une ville forte ou une forteresse, comme à Cluis dans l’Indre, Bourbon dans l’Allier ou encore Dun-sur-Auron dans le Cher. Dans de plus rares circonstances, dès le XIIe siècle, les chevaliers ont passé commande de grands donjons carrés, imitant la forme des anciennes tours de bois, pour remplacer les fortins hérités de leurs aïeux. La plupart ont été détruits (Le Châtelet, Drevant, Lignières...), ce qui rend encore plus précieuse la fortification d’Huriel. Haute de plusieurs étages, elle présente encore une partie de son aspect primitif, c’est à savoir de hauts murs seulement percés de petites ouvertures destinées à l’archerie.

 

 Source berrymedieval.overblog.fr

Repères annuels de programmation en Histoire programme 5eme 2019.

Thème 1: Chrétientés et Islam (VIème- XIIIème siècles), des mondes en contact

  • Byzance et l'Europe Carolingienne
  • De la naissance de l'islam à la prise de Bagdad par les Mongols: pouvoirs, sociétés, cultures.

Thème 2: Société, Eglise et pouvoir poitique dans l'Occident féodal (XI-XVème siècles)

  • L'ordre seigneurial: la formation et la domination des campagnes
  • L'émergence d'une nouvelle société urbaine
  • L'affirmation de l'Etat monarchique dans le royaume des Capétiens et des Valois

Thème 3: Transformation de l'Europe et ouverture sur le monde aux XVIème et XVIIème siècles

  • Le monde au temps de Charles Quint et Soliman Le Magnifique
  • Humanisme, Réformes et conflits religieux
  • Du Prince de la Renaissance au roi absolu (François Ier, Henri IV, Louis XIV)

Ici l'Ordre seigneurial, la domination des campagnes

Huriel dans l'histoire

Un seigneur d’Huriel fit bâtir une place forte au début du XII ème siècle sur le site d’une motte féodale.

« Huriel se trouvait alors aux limites du domaine royal français et de la Marche qui appartenait à l’Angleterre. Ebbes de Déols, époux de la fille de Humbaud III, le dernier membre de la maison d’Huriel, acheva l’édification de la tour.
En 1256, Roger de Brosse épousa Marguerite de Déols, la dernière fille d’Ebbes. Ce mariage apporta aux Brosse les terres d’Huriel, de Boussac et de Sainte Sévère.
Le château d’Huriel demeura la propriété de la famille de Brosse jusqu’en 1503. Cette année-là, René, arrière petit-fils du Maréchal de Boussac, vendit la seigneurie d’Huriel à Jeanne de Daillon pour dix mille écus d’Or. Les descendants de Jean de Brosse n’accordèrent que peu d’intérêt à Huriel. Pourtant, René, utilisant la procédure du réméré, reprit Huriel en 1509 avant de s’en séparer définitivement. Il vendit la seigneurie le 15 mars 1514 à Jacques Hurault, comte de Cheverny, ambassadeur de France, conseiller de Louis XII et surintendant des finances. »

Texte extrait de Jean de Brosse, Maréchal de France, Compagnon de Jeanne d’Arc de Robert GUINOT

Humbaud le Vieux, sire d’Huriel, en latin Humbaldus Veteris (ou dit Humbaldus Uriacensis senior), est un chevalier respecté – miles uenerandus –, dont le nom évoque une ascendance franque, qui a épousé Déa de Bourbon, ce qui lie son destin à celui des Bourbons.

Adélaïs d’Huriel (vers 1040-après 1097), fille d’Humbaud, seigneur d’Huriel et de Dèce de Bourbon, mariée à Rainaud III d'Aubusson (vers 1025-30 mars 1069). Rainaud III d'Aubusson restitue le monastère de Roseilles à l’église collégiale de Saint-Yrieix-la-Perche.

Huriel est une ancienne ville close qui fut, autrefois, un lieu militaire stratégique qu'utilisèrent les Bourbons. La commune conserve aujourd'hui deux vestiges de son histoire : un donjon seigneurial et une église, jadis siège d'un prieuré bénédictin. Ces édifices remarquables, tous deux des xie et xiie siècles, sont classés monuments historiques.

À la Révolution, les anciennes paroisses de Neuvéglise et de Saint-Christophe furent fusionnées avec Huriel.

Au siècle dernier, un grand vignoble constituait la principale richesse de la commune d'Huriel et la quasi-totalité de la population vivait de la vigne, qui couvrait alors 1 200 hectares. En 1886, le phylloxéra a ravagé la vigne et, aujourd'hui, seuls une dizaine d'hectares subsistent, qui font partie du vignoble de la région de Montluçon.

 

Le donjon du XIIeme siecle= 

Le donjon de la Toque est l'exemple type d'un donjon roman. De plan rectangulaire à contreforts, il mesure 33 m de hauteur. Il a été bâti en granit de Jarges[Note 1]. La porte placée très haut était desservie par une passerelle amovible qui aboutissait au sommet de la chemise enveloppant le donjon[3].

Tour seigneuriale d'Huriel. XIeme siecle.

La maquette de la ville permettra de comprendre comment le bourg s’est développé autour de la chapelle des seigneurs et comment les habitants se sont rassemblés au pied du donjon. Le tracé actuel de nombreux villages résulte bien souvent de cette topographie médiévale.

Le visiteur peut ainsi découvrir la vie des seigneurs d’Huriel, les Humbaud et les De Brosse, à travers leurs hauts faits, mais aussi leurs sceaux et monnaies, et les vestiges de leur tombeau (cf Gisant de Pierre Ier de Brosse ci dessous).

 

La cave du donjon. Region viticole au Moyen Age. Source musee Huruek.

Maquette