1987 a Francfort.

Le Zoulou blanc était devenu une icône de la lutte contre le racisme. Le monde musical salue le courage et la sincérité de cet artiste hors norme.

Depuis l’annonce du décès de Johnny Clegg, à 66 ans, le 16 juillet à Johannesburg, les hommages se sont multipliésjusqu’au plus haut niveau des sphères politiques. Cyril Ramaphosa, le président sud-­africain, saluant « une icône de la cohésion sociale et de l’anti­racisme ». Jeune Afrique, 16 Juillet 2019

« Il nous a montré ce que cela signifiait d’embrasser d’autres cultures sans perdre son identité (…). Avec son style unique de musique, il a surmonté les barrières culturelles, comme peu l’ont fait » manager de Johnny Clegg.Jeune Afrique.

Opposant à l'apartheid

Surnommé «le Zoulou Blanc», Johnny Clegg était un farouche opposant à l'apartheid, aboli en 1994. Nelson Mandela était d'ailleurs monté sur scène à Francfort en 1997 pour interpréter la chanson « Asimbonanga », dédiée au leader politique quand il était emprisonné, avec son chanteur.

Johnny Clegg a puisé dans la culture zoulou son inspiration pour concevoir une musique révolutionnaire où les rythmes africains endiablés cohabitent avec guitare, clavier électrique et accordéon. Son album "Scatterlings of Africa" en 1982 l'avait propulsé en tête des hit-parades en Grande-Bretagne et en France. Le Parisien 16.07.19.

a musique comme arme contre l’apartheid

En 1987, il compose « Asimbonanga », une chanson en soutien à Nelson Mandela. Censurée en Afrique du Sud, Richard Nwamba se souvient comment elle est devenue une arme pour combattre le régime. « À travers la musique, il a rendu les gens conscients. Asimbonanga, en zoulou, veut dire “nous ne l’avons pas vu”. Non seulement on a mis ce vieil homme en prison, mais en plus on a interdit la publication de photos de lui ! Cela montrait combien le gouvernement était répressif. »