Vue de Paris des hauteurs du Trocadéro
English: View of Paris from the Trocadero
Deutsch: Blick auf Paris vom Trocadero aus
Object type painting
Date 1872

Au fil de la Seine

La Seine à Bougival, Alfred SISLEY (1873).
© RMN

Les impressionnistes et les bords de Seine.

La Seine à Bougival est un tableau d'Alfred Sisley. Il se trouve actuellement au Metropolitan Museum of Art au 1er étage dans la section Impressionnistes et a été acquis en 1992 par promesse de don partiel de monsieur et madame Douglas Dillon.

Il représente un paysage de la Seine dans la région de Bougival.

« [Sisley] a pris possession en maître des rives de la Seine et de ses eaux, où il brise dans les milliers d’éclats d’un mouvant miroir les feuillages d’automne, et les reflets d’opale des ciels légers pommelés, d’un gris très doux et comme pénétré de mélancolie » écrit en 1882 le critique d’art Ernest Chesneau.

En effet, après son premier séjour avec Monet à Argenteuil en 1872, Sisley ne quittera plus les bords de la Seine : durant l’automne, il s’installe à Voisins, près de Louveciennes ; il déménage durant l’hiver 1874-1875 à Marly le Roi. En 1877, il habite à Sèvres, puis en 1880 il choisit Moret-sur-Loing, au confluent de la Seine et du Loing. Lorsqu’il choisit un site, Sisley en dresse un portrait complet : il en explore tous les aspects, tous les angles de vue, sous toutes les lumières et toutes les saisons. En tournant ainsi autour d’un point focal, il épuise en quelque sorte le sujet, et  met en place le concept de série.

L’idée prend véritablement corps avec les crues de la Seine, qui lui inspirent les Inondation à Port Marly. En 1872 et 1876, il réalise successivement quatre et sept œuvres sur ce seul sujet. Significativement, Sisley évacue tout aspect dramatique, toute scène de désolation : l’anecdote s’efface au profit de la peinture seule. L’inondation est prétexte à une magistrale étude de reflets dans laquelle les notes de couleurs de l’auberge réchauffent la palette des gris. L’interaction entre le ciel et les eaux du fleuve, véritable sujet du tableau, est gage d’harmonie et d’unité lumineuse. Sisley réalise ici la toute première « série » impressionniste, principe dont Monet fera l’un des fondements de la peinture moderne.

Alfred Sisley
Inondation à Port Marly
Alfred Sisley
La Barque pendant l’inondation,Port Marly
 

Renoir et les bords de Seine

De la Maison Fournaise à la Grenouillère

La Seine, lieu de loisirs et de détente

Dès le milieu du XIXème siècle, le canotage et les guinguettessont à la mode. Ces activités délassent les parisiens des tumultes et des contraintes de la vie en ville. Les bords de Seine connaissent donc un essor important. Lieu de rendez-vous des canotiers, du Paris bohème et de ses artistes, les berges de Seine deviennent un lieu de loisirs et de détente de l'ouest parisien.

Le rendez-vous du Paris Bohème

Entre les communes de Chatou et de Rueil-Malmaison, l'Île de Chatou accueille, dès 1857, l'atelier de bateau de Monsieur Fournaise, tandis que sa femme y ouvre un restaurant. L'Île de la Chaussée à Croissy-sur-Seine accueille le lieu dit la Grenouillère. Ce célèbre établissement de canotage, de bain et de bal est planté au milieu d'une végétation luxuriante.Ces îles sur la Seine, la Maison Fournaise et la Grenouillère deviennent alors des lieux très fréquentés par les peintres impressionnistes tels que Monet, Sisley, Berthe Morisot ou encore Renoir et Pissaro. Ces artistes contemporains d'une société en mutation y assouvissent leurs soifs de plein-air.

Dès 1864, Pierre-Auguste Renoir et Monet installent régulièrement leurs chevalets et immortalisent La Grenouillère en 1869; Sujet parfait alliant nature exceptionnelle et reflets et lumières de la Seine à la foule bohème et colorée. Cet établissement fut entièrement détruit en 1889 par un incendie. La lumière des eaux frémissantes de la Seine attire également des écrivains comme Apollinaire et Maupassant. Ce dernier brosse un portrait réaliste de ce lieu et de son atmosphère incomparable :"On sent là, à pleines narines, toute l'écume du monde, toute la crapulerie distinguée, toute la moisissure de la société parisienne".

Le Déjeuner des canotiers

Cette ambiance si bien décrite par l'écrivain se trouve dans le fameux Le Déjeuner des canotiers peint par Renoir en en 1881. Ce tableau figure différents personnages sur la terrasse de la Maison Fournaise. Les jeux d'ombres et de lumières demeurent la signature du peintre. On observe également un contraste entre le fond de la toile et les personnages aux tons pastels presque fondus, et les objets, vaisselles et autres fruits présentant des couleurs vives et profondes. Dernière grande oeuvre majeure de l'artiste peintre, "Le Déjeuner des canotiers", immortalise des amis. Au premier plan à droite, on y retrouve, entre autres, le peintre et mécène Gustave Caillebotte.

Pontoise, l’exclusive: Pissarro (1830-1903)

 

 

Considéré comme l’un des pères de l’impressionnisme, Pissarro a fait de Pontoise (Val-d’Oise) sa muse. La ville, proche de Paris, présentait des paysages très variés, source d’inspiration pour le peintre (ici, Le pont de chemin de fer). De plus, aucun autre artiste n’avait jeté, jusqu’alors, son dévolu sur elle. Le peintre s’y installa de façon intermittente entre 1866 et 1883 et y travailla beaucoup.