Peinture classique: les marines de Joseph Vernet

Les ports de France

En 1753, le marquis de Marigny, frère de la marquise de Pompadour, est directeur général des Bâtiments du roi. Ce poste lui permet de proposer au roi les commandes publiques d’œuvres d’art. Avec l’accord du souverain, il commande à Joseph Vernet une série de grands tableaux représentant  « les plus beaux ports du royaume ». Vernet parviendra à en peindre quinze de 1753 à 1765, douze de plus étant prévus à l’origine. Ces tableaux de 2,63 × 1,65 mètres concernent les ports de Marseille (2), Banbol (1), Toulon (3), Antibes (1), Sète (1), Bordeaux (2), Bayonne (2), La Rochelle (1), Rochefort (1), Dieppe (1).

Les tableaux des ports de France étaient exposés au Salon de l’Académie royale de peinture et de sculpture et rencontraient un immense succès. Ils furent reproduits en gravures. La présentation des tableaux dans les livrets du Salon consiste en une brève description du paysage traité par le peintre. Elle est disponible en ligne sur le site de la BNF. Cette description a été reprise ci-dessous avec une orthographe actualisée.

Joseph Vernet. L’entrée du port de Marseille (1754). Huile sur toile, 165 × 263 cm, musée du Louvre, Paris. « Cette vue est prise à mi-côte de la montagne appelée Tête de More. On y voit le fort S. Jean et la Citadelle saint Nicolas qui défendent cette entrée. Ce tableau offre les divers amusements des habitants de cette ville. Sur le devant l’auteur a peint le portrait d’un homme qui a présentement cent-dix-sept ans, et qui jouit d’une bonne santé. » (Livret du Salon de 1755)

 

Joseph Vernet. Intérieur du port de Marseille (1754). Huile sur toile, 165 × 263 cm, musée national de la Marine, Paris. « Comme c’est dans ce port que se fait le plus grand commerce du Levant et de l’Italie, l’auteur a enrichi ce tableau de figures de différentes nations des Echelles du Levant, de Barbarie, d’Afrique et autres. Il y a réuni ce qui peut caractériser un port marchand, et qui a un commerce très étendu. » (Livret du Salon de 1755)

 

Joseph Vernet. Le Port d'Antibes en Provence, vu du côté de la terre (1756). Huile sur toile, 165 × 263 cm, musée national de la Marine, Paris. « Comme ce port est une place frontière de la France du côté de l’Italie, le devant du tableau présente des troupes qui y vont en garnison. La campagne est enrichie d’orangers et de palmiers, qui sont assez communs dans cette province. Les fleurs et les fruits qui se trouvent en même temps sur les orangers, caractérisent la saison, qui est la fin du printemps. On y voit les Alpes encore couvertes de neige. La vue des montagnes du fond est depuis Nice et Villefranche jusqu’à San Remo. L’heure du jour est au coucher du soleil. » (Livret du Salon de 1757)

 

Joseph Vernet. La ville et la rade de Toulon (1756). Huile sur toile, 165 × 263 cm, musée du Louvre, Paris.  « Cette vue est prise d’une maison de campagne à mi-côte de la montagne qui est derrière la ville. On y a représenté les amusements des habitants et les voitures dont ils se servent pour aller aux maisons de campagne qu’on nomme bastides. L’heure du jour est le matin ». (Livret du Salon de 1757)

 

Joseph Vernet. Vue du port de Rochefort, prise du magasin des Colonies (1762). Huile sur toile, 165 × 263 cm, musée national de la Marine, Paris. « Le bâtiment à droite, sur le devant du tableau est la corderie ; ceux du fond à l’autre extrémité du port sont les magasins. On y voit un vaisseau qu’on chauffe pour le caréner, un vaisseau sur le chantier, et un autre dans le bassin pour y être radoubé. Le premier plan du tableau étant près du magasin des colonies, on y a peint des approvisionnements destinés pour ces colonies. On débarque et l’on transporte du chanvre pour la corderie, d’où sortent des cordages pour être embarqués. C’est le moment du départ d’une escadre. La marée est haute, et l’heure est le matin. » (Livret du Salon de 1763)

 

Joseph Vernet. Vue du port de Dieppe (1765). Huile sur toile, 165 × 263 cm, musée national de la Marine, Paris. « L’auteur a regardé la pêche comme le caractère distinctif de ce port, et a orné le devant de ce tableau des divers poissons que l’on pêche dans ces parages, et des différents habillements des habitants. L’heure du jour est le matin. » (Livret du Salon de 1767)