Le documentaire franco-canadien, Mousson, de Sturla Gunnarsson, co-écrit avec Bruno Bucher, propose un voyage à travers l'Inde, au moment de la mousson. Arte France 2015.

 

 

Mousson

Espérée et redoutée, la mousson, principale source d'eau en Inde, revient chaque année pour le meilleur et pour le pire, générant chaos, destructions et renaissance. Marquant la fin de la saison sèche dans les derniers jours de mai, ce phénomène climatique est lié à la surchauffe de l'air de la terre, qui remonte en aspirant celui de l'océan Indien. De juin à septembre, les nuages chargés d'humidité traversent alors le pays jusqu'aux contreforts de l'Himalaya. Les pluies, essentielles aux récoltes, peuvent aussi condamner des milliers de gens à l'errance et à la mort, quand les inondations submergent les villages. Du Kerala à l'Assam, en passant par Bombay, le film explore les enjeux de la mousson, au plus près de ceux qu'elle fait vivre ou menace.
 Vendredi 28 juin à 09h25

Documentaire Mousson en Inde.

https://www.arte.tv/fr/direct/

A bird flies across central Mumbai's financial district skyline, India, June 18, 2019 Reuters

Des travailleurs indiens transportent de l'eau depuis le lac de Puzhal, quasiment à sec. | © ARUN SANKAR / AFP

L’une des plus grandes villes d’Inde est en manque drastique d’eau, précieux liquide devenu une obsession quotidienne.

On l’appelle désormais l’or bleu. Dans la ville indienne de Chennai, l’eau est devenue une denrée rare. Les réservoirs sont à sec, les nappes phréatiques toujours plus basse. Depuis plus d’un an, des précipitations insuffisantes ont plongé cette grande métropole du sud de l’Inde dans un stress hydrique qui risque encore de durer, indiquait l’AFP en fin de semaine dernière.

Là-bas, dix millions d’âmes ont désormais une seule et même obsession : s’approvisionner en eau. Mais alors que les quatre principales réserves de la ville sont presque à sec, près de la moitié de la population locale dépend de l’eau non potable recueillie dans des puits de fortune. Comme le rapporte The Independentce lundi, les habitants de la capitale du riche État du Tamil Nadu reprochent au gouvernement d’avoir compté sur la mousson au lieu d’agir. En retard depuis plusieurs années, les pluies ne sont toutefois plus fiables, souligne le quotidien britannique. Sans compter les vagues de chaleur qui frappent la région et font des centaines de morts.

Desséché

Une situation critique et alarmante mise en lumière sur des images satellites particulièrement impressionnantes. Une enquête menée en juin 2019 montre ce que sont devenus le lac de Puzhal et ses environs en comparant avec un cliché capturé l’an dernier à la même période. La différence y est frappante, autant qu’inquiétante. « Chennai tire habituellement le gros de son eau de quatre grands lacs-réservoirs voisins », écrivait l’AFP. « La mauvaise mousson de l’année dernière ne les ayant pas régénérés, ceux-ci ne présentent plus que l’aspect de déserts craquelés, où pourrissent des cadavres de poissons morts. »

Copernicus Sentinel-2 Satellite Image/Maxar Technologies/AP
Article Paris Match Belgique.

© Reuters

La sixième plus grande ville de l'Inde, qui compte près de cinq millions d'habitants, est en train de manquer d'eau à mesure que sa principaleréserve s'épuise. Les relevés satellites de juin 2019 montrent que le principal réservoir pluvial de Chennai, le lac Puzhal, n'est que l'ombre de ce qu'il était à la même époque l'an dernier,

Une femme indienne en chemin pour récupérer de l'eau à Chennai, le 20 juin 2019. 
© Arun Sankar, AFP

Depuis le début du mois de juin, les Indiens attendent une mousson qui n’arrive pas. La très forte canicule ne faisant qu’empirer la situation, le pays connaît une pénurie d’eau sans précédent aux conséquences dramatiques.

"C’est la pire vague de chaleur de l’histoire" selon Anup Kumar Srivastava, expert à l’Autorité indienne de gestion des catastrophes, interrogé par Reuters. Depuis plusieurs semaines, l'Inde est en proie à de très fortes températures, qui grimpent jusqu’à 50 °C dans certaines régions. La situation ne fait qu'empirer à cause du retard de la mousson, attendue depuis 20 jours. Et la population subit l'une des plus fortes crises de l'eau jamais enregistrées.