Thème 3 - Transformations de l’Europe
et ouverture sur le monde
aux XVIe
et XVIIe
siècles
• Le monde au temps de Charles Quint et Soliman le Magnifique
• Humanisme, réformes et conflits religieux
• Du Prince de la Renaissance au roi absolu (François Ier, Henri IV, Louis XIV)

Les Grandes Découvertes sont d’abord le fait des Portugais et des Espagnols. Sous l’impulsion
du prince portugais Henri le Navigateur (mort en 1460), la côte ouest de l’Afrique a été
explorée. Isabelle de Castille et Ferdinand d’Aragon soutiennent le projet de Christophe
Colomb qui cherche une nouvelle route pour les Indes orientales. En 1494, le traité de
Tordesillas partage entre l’Espagne et le Portugal toutes les terres découvertes et à découvrir ;
il sera battu en brèche au XVIe
siècle avec les voyages d’exploration français et anglais.
Les Grandes Découvertes s’achèvent avec le retour en Europe d’un des navires de Magellan
(1522) ; c’est alors que s’amplifie la mise en exploitation des nouveaux mondes.
La Renaissance et la Réforme ont en commun de poser une rupture, l’une culturelle, l’autre
religieuse, avec l’époque précédente. L’évêque humaniste Giovanni Andrea Bussi emploie
pour la première fois en 1469 le terme de « Moyen Âge ». Son usage se répand au XVIIe
siècle
pour lui opposer en amont l’Antiquité, et en aval la Renaissance. Le retour opéré à la culture
de l’Antiquité comme à l’étude directe du texte de la Bible laisse de côté des siècles de la
tradition occidentale, quand bien même les historiens soulignent aujourd’hui que cette rupture
a été longuement préparée durant l’époque médiévale, que l’on ne voit plus comme un temps
de stagnation. L’imprimerie permet la diffusion des idées nouvelles. La rupture de l’unité
religieuse européenne ruine le rêve de Charles Quint, tout comme l’affirmation des États :
François Ier s’allie contre son rival à Soliman de Magnifique auprès duquel il ouvre en 1543 la
première ambassade à Istanbul.
L’idée de réforme de l’Église est une idée traditionnelle, déjà présente au Moyen Âge ; la
nouveauté est qu’elle aboutisse à une rupture durable, avec la constitution de nouvelles
Églises (luthériennes, réformées, anglicane) qui se constituent dans un cadre national, tandis
que le catholicisme, avec le Concile de Trente (1545-1563), se réforme en gardant le lien avec
la tradition et la papauté. Les conflits religieux divisent les humanistes : Erasme, par exemple,
voudrait une réforme de l’Église sans rupture.
François Ier a été le grand rival de Charles Quint, d’abord sur le plan militaire. Si Henri II
n’a pas hésité à s’allier contre l’Empereur aux princes protestants d’Allemagne en 1552, les
tensions religieuses n’épargnent pas le Royaume de France. De 1562 à 1598, le pouvoir royal
est déstabilisé par les guerres de religion, mais il en sort renforcé : la religion ne peut plus
être la garante de la paix civile, c’est le pouvoir royal qui impose l’Édit de Nantes. Au contraire,
les divisions religieuses ont été source de violence. Le pouvoir royal doit désormais, pour le
bien du royaume, garder les mains libres sur le plan religieux : l’État est désormais
clairement seul à garantir l’ordre. La révocation de l’Édit de Nantes par Louis XIV (1685) et ses
conséquences néfastes en sont l’illustration a contrario. Il en va de même du rapport avec la
noblesse : les guerres de religion sont les affrontements de clans nobiliaires à la tête desquels
se trouvent des grands : Guise, Bourbons, Montmorency, et leur nombreuse clientèle armée,
auxquels les souverains se trouvent confrontés. Après celles-ci, un enjeu essentiel du pouvoir
royal sera la mise sous tutelle de la noblesse. Les règnes d’Henri IV et de Louis XIV sont des
moments décisifs de ce processus, malgré la réaction de la Fronde (1648-1653).