Programmes Histoire Géographie classe de 5ème 2019

Classe de 5ème Histoire- Rentrée de Septembre 2019 à 2020.

Repères annuels de programmation en Histoire

Thème 1: Chrétientés et Islam (VIème- XIIIème siècles), des mondes en contact

  • Byzance et l'Europe Carolingienne
  • De la naissance de l'islam à la prise de Bagdad par les Mongols: pouvoirs, sociétés, cultures.

 Theme 1 5eme Histoire.

Chretiente et Islam du VIeme au XIIIeme siecle.

Des mondes en contact

L’entrée par un lieu ou un monument


La Grande mosquée de Damas, par son emplacement sur une ancienne église chrétienne, 
elle-même succédant à un temple romain, permet de faire, avec les élèves, le constat de la
succession des religions et de la pérennité des lieux. La présence en son sein du mausolée
censé abriter le « chef » (la tête) de saint Jean Baptiste (Yahya ibn Zakariya (Jean fils de
Zacharie) dans la tradition musulmane) est utile pour approcher la généalogie des religions et
plus particulièrement le lien entre les trois monothéismes.

 

 


Par ailleurs cet édifice monumental et classé au patrimoine mondial de l’UNESCO se situe
au cœur de la capitale de l’empire des Omeyyades. Sa proximité avec la citadelle peut
être observée. Les lieux de pouvoirs d’un immense territoire au moment de son extension
fulgurante incarnent parfaitement bien cette nouvelle civilisation. C’est ainsi l’occasion, en
contextualisant ces édifices, de décrire et d’expliquer l’expansion arabo-musulmane ainsi que
les modes de fonctionnement choisis pour contrôler un tel empire. Le poids du religieux, et
notamment l’aspect codificateur du Coran, peut être convoqué pour expliquer l’intérêt du lien
entre le pouvoir séculier et le pouvoir spirituel pour contrôler des populations nomades et
analphabètes.
La ville du Caire, qui réunit en son sein les palais fatimides et la citadelle de Saladin, cœur
de la dynastie des Ayyoubides, dans un environnement où se trouvent de nombreux édifices
religieux de premier plan (mosquée al-Azhar, mosquée ibn-Tulun, toutes deux inscrites
également dans le cadre du patrimoine mondial de l’UNESCO) permet d’aborder les mêmes
problématiques.

La mosquee Al Azhar en Egypte.

 

Nous ne nous situons plus au début de l’expansion arabo-musulmane mais à
une date où les Francs sont déjà présents dans les États latins, ce qui permet d’aborder assez
facilement la thématique des échanges. Car c’est bien un lieu de croisement, où se côtoient
marchands, militaires et intellectuels, qu’il faut parvenir à mettre en évidence.
Les descriptions du Caire par les voyageurs arabes font écho aux descriptions de Damas
et peuvent aisément servir de documents de base en contrepoint d’un plan du Caire ou de
photographies des restes patrimoniaux.
Un travail identique peut être réalisé à partir de Bagdad même si l’éloignement plus important
de la capitale des Abbassides et la pauvreté des restes patrimoniaux rendent peut-être
l’approche moins évidente.
L’étude du palais d’Aix-la-Chapelle, couplée aux descriptions de la Vita Karoli Magni
d’Eginhard, permet de rapidement faire comprendre aux élèves le lien entre les pouvoirs
spirituel et temporel. Et la description de la mise en place d’une proto-administration permet
de comprendre les défis que la gouvernance d’un tel territoire implique.
Le même travail peut évidemment être réalisé à partir de Constantinople.

Le plan aisément 
identifiable de cette ville permet de faire les mêmes constats de proximité entre palais et
basilique et de repérer les lieux consacrés aux échanges.

Vue extérieure actuelle : à gauche le chœur de style gothique flamboyant, au centre la chapelle palatine, à droite le campanile partiellement carolingien (la base).

À l’intérieur de la cathédrale d’Aix-la-Chapelle

L'intérieur de la basilique Sainte Sophie et son immense coupole ornée de mosaïques dorées. | ZED/Providence Pictures

Sainte Sophie a Istanbul.

L’entrée par les personnages:


Ils sont nombreux à pouvoir prétendre servir de fil directeur à cette thématique. Et les
relations qu’ils ont pu entretenir avec les princes issus des autres civilisations sont autant de
pistes concrètes que le professeur pourra utiliser avec ses élèves. Citons ainsi Charlemagne,
personnage évidemment incontournable, et dont l’amitié avec Haroun al-Rachid, calife
abbasside, peut apparaître pour les élèves pour le moins surprenante puisque les relations
entre le monde arabo-musulman et le monde carolingien se réduisent souvent dans la
mémoire collective à une perception mythique de la bataille de Poitiers. Par ailleurs et plus
classiquement, étudier Charlemagne en son palais d’Aix permet de faire comprendre aux
élèves le lien entre la religion et le pouvoir temporel.


Huile sur bois, Nüremberg, Germanisches Museum. Albrecht Durer peint Charlemagne en 1512.

Quant au contrôle d’un tel empire,
indubitablement, le développement d’un système administratif reposant sur des représentants
du pouvoir central est à étudier, y compris dans ses limites qui créent la fragilité évidente de
ces grands ensembles.
Alexis Comnène en son palais de Constantinople voit défiler les principaux chefs francs de la
première croisade, décrits par sa fille Anne (dans son œuvre l’Alexiade). Par ce biais, le contact
entre les civilisations, même s’ils ne peuvent se réduire à ces portraits, sont au cœur de
l’étude.

 
Alexis Ier Comnène et le Conseil des croisés


Enfin, Saladin a également échangé avec Richard Cœur de Lion des lettres accessibles aux
plus jeunes.

 

 

Portrait de Saladin par Cristofano dell’Altissimo

 

On sait aussi que Saladin fait partie de ces personnages que l’histoire connait et reconnait pour avoir été en quelque sorte victime de leur succès. Ne cherchant en aucun cas la gloire ou la richesse, c’est par un concours de circonstances que son maître Nur ad-Din lui confiera le califat fatimide d’Égypte. Ce qu’on sait moins, c’est que Saladin, loin d’être le personnage charismatique et impitoyable, un grand chef guerrier monté en épingle par les films et l’histoire canonique, est un homme d’une religiosité à toute épreuve et d’une générosité extrême dont les actes de prodigalité ont souvent été considérés comme inconscients par ses administrateurs et ses trésoriers.

 

 

 

« Richard  Cœur de Lion, roi d'Angleterre en 1189 » (1157-1199), représenté en Croisé, par Merry Joseph Blondel (1781-1853), huile sur toile, 1841, châteaux de Versailles et de Trianon.

 

© (Photo © RMN-Grand Palais (Château de Versailles)/Gérard Blot)

 

 


Ces deux types d’entrées peuvent évidemment se croiser et nous les avons évoquées : le
basileus à Constantinople, le calife à Damas, au Caire ou à Bagdad, Charlemagne à
Aix-la-Chapelle. Il faudra bien se garder de toute volonté d’exhaustivité et bien faire la part des
choses entre les détails nécessaires pour rendre ces études véridiques et la contextualisation
qui doit permettre de rendre concrets les concepts identifiés comme incontournables et
problématisés à cet effet.


La place des contacts:


Nous proposons de traiter les contacts soit au sein de chaque ensemble soit, sans doute de
façon plus dynamique et intellectuellement plus pertinente, en synthèse des études.
Il ne s’agit pas de faire une nouvelle leçon qui décrirait les sept croisades de la période, ni de
référencer la totalité des échanges qui ont pu se faire entre les rives de la Méditerranée. Une
approche à travers un lieu (Al-Andalus, Acre, Alexandrie…) ou un événement contextualisé
(prise de Jérusalem en 1099, de Constantinople en 1204) permet de faire comprendre aux
élèves les enjeux et le rôle des acteurs. Mais si l’entrée par les lieux rend aisée la mise en
évidence de la diversité des contacts, l’étude des événements a tendance à mettre l’accent sur
les contacts belliqueux. On veillera à un équilibre.
On peut encore entrer dans la thématique générale par ces moments de contacts ou
ces territoires, puis en faire ensuite une déclinaison contextuelle par grand ensemble
civilisationnel. Mais cette approche est évidemment un peu plus complexe pour les élèves.
Nous ne pouvons oublier à ce propos d’évoquer Al-Andalus. Si l’étude unique de ce territoire
ne saurait embrasser tous les aspects du sujet, force est de reconnaître que le foisonnement
culturel de cet espace est particulièrement propice pour montrer comment s’épanouit une civilisation.

 

 

Patio de los Arrayanes, palais de l'Alhambra à Grenade aujourd'hui en Espagne dans la communauté autonome d'Andalousie.