Quelles sont les inegalites de richesse et de pauvrete au Bresil?

Comment mesurer la richesse et la pauvrete?

Quelques aspects de la vie des hommes au Bresil

 Le cas du Bresil, un des pays les plus inegalitaires du monde.

Une population de 209 Millions d'habitants.

Source : Francis Monthé (2016).

La population du Bresil est inegalement repartie sur le territoire. Les villes et la population urbaine se concentrent sur le littoral et dans l'Est ou le Sud-Est.

Source : IBGE Recensement 2010.
© Hervé Théry-2014. La population se concentee sur le littoral.

La repartition de la densité de peuplement ) est le résultat du processus d’occupation et de colonisation qui s'est fait pour l'essentiel à partir du littoral. C’est donc dans les parties les plus proches de la mer que se trouvent les densités les plus élevées, qui peuvent monter jusqu’à plus de 10 000 habitants par km2 dans les capitales. À l’opposé, la majeure partie de l’Aemazonie et de vastes surfaces du Centre-Ouest présentent des densités très basses, entre 0,13 et 15 habitants par km2, dont ne se détachent que les capitales des États fédérés.

5La zone littorale n'est toutefois pas homogène : à peu près déserte au nord de l'Amazone, elle voit s'opposer nettement, de part et d'autre d'un centre peu densément occupé, les deux régions les plus importantes du pays. Dans le Nordeste, le contraste national entre littoral et intérieur est redoublé. Dans le Sudeste et le Sud, en revanche, la densité reste forte dans bien des régions proches des frontières occidentales du pays : c'est le seul endroit où le peuplement dense se prolonge vers l'ouest, et la carte des densités fait apparaître, entre les latitudes de Vitoria et de São Paulo, de la mer aux confins du Mato Grosso, le cœur – agricole, industriel et urbain – du Brésil. Herve Thery. Les populations du Bresil. 2014.

Pyramide des Ages en 2017 au Bresil.

Le nombre des pauvres au Brésil a augmenté l'an dernier, passant à 54,8 millions de personnes, contre 52,8 millions l'année précedente, soit plus d'un quart de la population, selon l'Institut de la géographie et de la statistiques (IBGE).

"La proportion de personnes pauvres au Brésil est passée à 26,5% contre 25,7% en 2016", a précisé l'IBGE dans un communiqué publié mercredi.

Photographie de Rocinha, favela de Rio
(source : travelpod.com)

Près de la moité des Brésiliens en situation de pauvreté vivent dans les régions déshéritées du Nord-est, où 44,8% de la population est demunie.

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Sao Paulo, ville symbole des réalités urbaines au Brésil.
Source: http://ds-lands.com/

La Bolsa Familia (Bourse famille) est destinée aux familles brésiliennes (ici dans une favela de Rio) aux revenus mensuels inférieurs à 13 € par tête. | Photo : Reuters

 L'avenue Paulista à Sao Paulo constitue le cœur financier de la ville. AFP/MAURICIO LIMA

Exploitation maraîchère près de Rio. 2016.

Le quartier de Paraisópolis à São Paulo (Brésil) Un quartier au Brésil (Tucaviera)

Richesse et pauvrete a Rio.

Favela a Rio. Photo Alexis Pazoumian.

Favela Rio. Pho. Photo Alexis Pazoumian.

Une famille pauvre dans une favela de Rio. Photo Alexis Pazoumian.

Habitants d'une favela De Rio. Alexis Pazoumian.

Ed Anacaona. Sao Paulo.

Au Brésil, les données ne permettent pas de mesurer les inégalités de patrimoine, mais l’écart des seuls revenus donne une idée du problème  : selon l’Institut brésilien de géographie et de statistiques, les 1 % des plus riches, en 2014, gagnaient en moyenne 14 548 reais par mois (3  332 euros), contre 155 reais pour les 10 % les plus pauvres. Près de cent fois moins. «  C’est assez alarmant  », observe Marc Morgan Mila, élève de Thomas Piketty, qui rédige une thèse sur les inégalités brésiliennes à l’Ecole d’économie de Paris.

Une réforme inachevée

En cause, accuse-t-il, une fiscalité qui, à certains égards, donne au Brésil des allures de paradis fiscal. Les revenus tirés des dividendes des entreprises et touchés par les personnes physiques ne sont pas taxés, la fiscalisation du patrimoine est quasi absente, celle des héritages est légère et l’impôt sur le revenu est peu progressif, avec une tranche marginale maximale de 27,5 % (contre plus de 40 % en France). L’essentiel des recettes fiscales vient des impôts indirects tirés de la consommation comme la TVA, dont riches et pauvres s’acquittent de manière identique et inéquitable. Au final, un millionnaire paie proportionnellement 25 % de moins qu’un travailleur de la classe moyenne.

«  Après l’abolition de l’esclavage, en 1888, le Brésil n’a pas eu de véritable réforme agraire. On a fossilisé les inégalités de richesses qui sont aussi des inégalités de genre et de race  », commente André Calixtre, directeur d’études à l’Institut de recherche économique appliquée (IPEA), à Brasilia. Les grands propriétaires terriens, ex-colons, Blancs, ont transformé leur fortune agraire en patrimoine industriel, financier ou immobilier, quand les descendant(e) s d’esclaves se sont maintenu(e) s dans la pauvreté. En 2014, un homme blanc gagnait en moyenne 2 393 reais, contre 956 reais pour une femme noire, souligne M. Calixtre.

 

Une personne sans domicile fixe passe la nuit dans une rue du centre de Sao Paulo, au Brésil, le 26 juin 2016 © AFP Miguel Schincariol

Sao Paulo (AFP) – Malgré ses trois couvertures, Marcio Carvalho grelotte sur les trottoirs de Sao Paulo, la ville la plus riche du Brésil qui compte toutefois 16.000 sans domicile fixe dont six sont morts de froid début juin, avant même l’arrivée de l’hiver austral.

La nuit, le centre de cette mégapole de plus de 20 millions d’habitants devient sale et déprimant avec son labyrinthe de rues obscures transformées en dortoirs pour les sans-abris.29.06.2016.