Un village touareg de la région de Maradi au Niger. AFP

Parcage d’un troupeau de zébus sur un champ de mil à Bagoua (Niger, 2009). Pierre Hiernaux

Vue aérienne de Niamey, capitale du Niger. 
© Wikimedia Commons/Jean Rebiffé

Vue aérienne de la ville de Nouakchott, la capitale de la Mauritanie. (Image d'illustration) 
© GEORGES GOBET / AFP

 

Si les taux de natalité actuels se maintiennent, la population des cinq pays du Sahel (Tchad, Niger, Mali, Burkina Faso, Mauritanie) pourrait passer de 135 millions de personnes en 2015 à 330 millions en 2050.Peter Hermes Furian/Shutterstock

L’ONU appelle à aider le Sahel à faire face au changement climatique

FAO/Giulio Napolitano
Des bergers amènent leur bétail à un point d'eau au Niger.

Vue générale de Bamako, capitale du Mali. Photo prise en mars 2015. 
© HABIBOU KOUYATE / AFP

 

Situation au Sahel Mars et Avril 2019.

Excellent article du Monde pour tous les geographes sur le Sahel.

Changement climatique et pression démographique, terreau de la violence au Sahel

Au Mali, au Burkina et au Niger, la carte de l’insécurité et celle de la faim se sont superposées, la raréfaction des ressources pouvant conduire à des affrontements meurtriers.

Par Laurence Caramel Publié le 11 avril 2019 à 17h44

Temps deLecture 7 min.

La réunion du Réseau de prévention des crises alimentaires (RPCA), qui, depuis les grandes sécheresses des années 1980, fait le bilan de la situation agricole au Sahel à l’approche de la délicate période de soudure, aurait pu, jeudi 4 avril à Bruxelles, verser dans une forme de routine : au terme de la campagne céréalière, les récoltes ont augmenté de près de 7 % en un an, la production fourragère est plutôt bonne et les prix ont même eu tendance à baisser sur les marchés locaux, facilitant l’accès des plus pauvres aux denrées de base. L’insécurité alimentaire, si elle touche toujours 4,8 millions de personnes, a été divisée par deux depuis la dernière grande alerte lancée début 2017, lorsque d’importants risques de famine avaient été signalés autour du lac Tchad.

Pourtant, les représentants des Etats d’Afrique de l’Ouest, les institutions régionales, les associations de producteurs et les organisations onusiennes chargées de lutter contre la faim et la malnutrition n’ont pas l’esprit tranquille. Le 23 mars, au moins 160 personnes ont été tuées à Ogossagou, dans le centre du Mali, lors d’une attaque imputée à des groupes d’autodéfense dogon contre des populations peules. Ce massacre est l’épisode le plus grave d’une série d’affrontements communautaires récurrents. « Ces conflits deviennent une gangrène. Si nous ne parvenons pas à apporter des réponses concrètes à nos agriculteurs et à nos éleveurs, à quoi servent nos réunions ? », interpelle Sékou Sangaré, le commissaire à l’agriculture de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao).

 

Un groupe de femmes dans un champ de sorghoUn groupe de femmes dans un champ de sorgho ans la région de Maradi, au Niger, en août 2018. Luis Tato/ AFP

D'Apres le journal Le Monde

 Le 23 mars, au moins 160 personnes ont été tuées à Ogossagou, dans le centre du Mali, lors d’une attaque imputée à des groupes d’autodéfense dogon contre des populations peules. Ce massacre est l’épisode le plus grave d’une série d’affrontements communautaires récurrents. « Ces conflits deviennent une gangrène. Si nous ne parvenons pas à apporter des réponses concrètes à nos agriculteurs et à nos éleveurs, à quoi servent nos réunions ? », interpelle Sékou Sangaré, le commissaire à l’agriculture de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao).

Lire aussi  Au Mali, avec les rescapés du massacre d’Ogossagou

Le centre du Mali est devenu l’un des principaux foyers d’insécurité où se livre la guerre contre le djihadisme, un temps cantonnée aux régions septentrionales frontalières de l’Algérie. La carte de l’insécurité et celle de la faim se sont superposées, soit que la présence de groupuscules armés interdise l’accès aux pâturages encore disponibles, soit qu’elle rende impossible le travail aux champs. « Tout se mélange. La violence liée à l’extrémisme, celle des conflits entre communautés. Tout se déstructure. Les règles tacites qui rendaient la coexistence possible dans ces sociétés agropastorales et offraient un mode de résolution des conflits ne fonctionnent plus », constate Maty Ba Diao, coordinatrice du Projet régional d’appui au pastoralisme au Sahel.

La ville de Mopti est parmi celles qui bénéficient des montants accordés à l'APD. Ici, le 13 octobre 2018. (Photo d'illustration) © MICHELE CATTANI / AFP

Les yeux sur le Sahel, la France investit dans l’aide au développement

Source RFI

Selon le bilan mondial de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) publié mercredi 10 avril, le montant accordé à l’aide publique au développement (APD) a baissé de 2,7% en 2018. La France reste l’un des plus grands contributeurs, consacrant 0,43% de son PIB, un chiffre en hausse et en partie accordé au Sahel.

 

L'une des grandes priorités de la France, l’un des gros contributeurs de l'OCDE, de l'APD, mais aussi de ses partenaires comme l'Allemagne, reste le Sahel. Les donateurs réunis au sein de l'Alliance Sahel ont promis neuf milliards d'euros d'aide aux pays du G5 Sahel, dont deux milliards ont déjà été décaissés.

« On accélère fortement nos engagements dans les cinq pays du G5 Sahel, se félicite Rémy Rioux, le directeur général de l'Agence française de développement. Deux milliards est l’essentiel, à dire vrai, dans les deux dernières années. Et on ne le fait pas tous seuls, puisqu’on le fait avec onze autres institutions de développement. Et tout cela fait une capacité financière de neuf milliards d’euros sur les prochaines années, près de 700 projets ».

« Vraiment, venez voir sur le terrain ce que nous sommes en train de faire pour l’insertion professionnelle des jeunes à Gao, insiste-t-il. Ce que nous faisons sur la santé à Ménaka, ce que nous faisons dans le port de Konna, sur la création d’emplois… Ou ce que nous faisons à Mopti pour ramener de l’eau potable. Enfin, je pourrais vous citer de très nombreux exemples. Donc ça, c’est de l’argent sonnant et trébuchant, qui arrive jusqu’aux populations des pays du G5 Sahel, que nous devons nous employer avec nos partenaires locaux à renforcer. »

RFI

Les Français soutiennent

 

Bien que le chiffre global ait diminué, la France a augmenté sa contribution à l’APD en 2018, alors que le président français Emmanuel Macron s'était engagé à le porter à 0,55% d'ici 2022.

Une telle trajectoire est bonne, se félicite Rémy Rioux, le directeur général de l'Agence française de développement, d'autant que, selon un sondage commandé par cette dernière, les Français soutiennent cette politique. « La trajectoire est croissante et elle va s’accélérer progressivement. Nous, on a mis cette année 11 milliards et demi d’euros de financement dans la machine, pour financer 850 nouveaux projets en 2018. »

« C’est aussi de l’énergie qui revient en France, souligne Rémy Rioux. On a rendu public ce matin un sondage sur la perception qu’ont les Français de la politique de développement et on voit bien que les gens ne sont plus sur un discours de pure solidarité : ils ont compris que ce qui se passait là-bas avait des conséquences dans leur vie quotidienne, ici. Trois Français sur quatre le disent très ouvertement, ils ont compris qu’il y a beaucoup de choses que ces pays font, qui reviennent en France ».

Un paysan sénégalais à l'ouvrage dans un champ de melons à Djilakh, au sud de Dakar (photo d'illustration).
© AFP PHOTO / GEORGES GOBET
 

Par RFIPublié le 22-09-2018 Modifié le 22-09-2018 à 15:31

Douze instituts de recherche français et africains réclament un « plan Marshall » de la recherche agricole pour le Sahel.

Dans une déclaration commune signée vendredi 21 septembre, sous l'égide du Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad), des instituts de recherche français et africains souhaitent mettre en commun les ressources et rationaliser les programmes de recherche dans le domaine de l'agriculture au Sahel.

Un vœu d’autant plus pressant que la région va connaitre de profonds bouleversements dans les années à venir. « Le changement climatique qui s’opère aujourd’hui va avoir dans la région sahélienne un impact et des effets qui sont bien plus importants que ce que disent les scénarios à la moyenne mondiale », explique Michel Eddi, PDG du Cirad. « Là où on imagine aujourd’hui des scénarios aux alentours de 3°, il est probable qu’ici dans la zone, on sera dans des scénarios aux alentours de 6° ».

Nourrir une population qui va doubler

A ces inquiétudes climatiques s’ajoutent des questions d’ordre démographique, puisque les experts s’attendent « à ce que dans les vingt ans ou les trente ans qui viennent, la population fasse plus que doubler ». Conséquence : « un enjeu de sécurité alimentaire évidente ».