Thème 2: Des ressources limitées à gérer et à renouveler

  • L'énergie, l'eau: des ressources à ménager et à mieux utiliser
  • L'alimentation: comment nourrir une humanité en croissance démographique et aux besoins alimentaires accrus
Une femme et son enfant dans la brousse tanzanienne. Le rapport sur la Situation mondiale de l’alimentation et de l’agriculture en 2018 explore les liens entre agriculture, développement rural et migration.


Les impacts de la variabilité et des extrêmes climatiques sur la faim

Les changements climatiques compromettent déjà la production de cultures importantes telles que le blé, le riz et le maïs dans des régions tropicales et tempérées et si l’on ne renforce pas la résilience face au climat, la situation devrait s’aggraver, tandis que les températures augmentent et deviennent plus extrêmes.

Source ONU

Photo ONU/Isaac Billy
Enfants déplacés, résidents du Centre de protection des civils de la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (UNMISS) à Juba, font rôtir des épis de maïs.

Le nombre de personnes sous-alimentées à travers le monde est en hausse depuis 2014, touchant environ 821 millions de personnes en 2017, soit 11% de la population mondiale (Organisation des Nations Unies pour l'alimentation, FAO - 2018).

Au cours des décennies qui ont précédé l’An 2000, la demande mondiale de nourriture a progressivement augmenté, de même que la population mondiale, les récoltes et les salaires. Par conséquent, les prix des denrées alimentaires ont diminué. Toutefois, à partir de 2004, les prix de la plupart des céréales ont grimpé et la demande est devenue plus importante. Les stocks alimentaires se sont rapidement épuisés. 

En 2005, la production alimentaire a été touchée par des phénomènes météorologiques extrêmes survenus dans les principaux pays producteurs de denrées. Deux ans plus tard, l'augmentation rapide des prix du pétrole a augmenté les coûts d'engrais et de production.

Dès le début de l’année 2008, l’augmentation spectaculaire des prix mondiaux des denrées alimentaires a mis gravement en danger la sécurité alimentaire et la sécurité nutritionnelle dans le monde. La situation a provoqué une multitude de conséquences humanitaires, socio-économiques, environnementales, politiques et liées à la sécurité ainsi que des effets sur les droits de l’homme et le développement. 

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La Sécurité Alimentaire et la Nutrition dans le Monde

La faim gagne du terrain

Pour la troisième année consécutive, la faim dans le monde a gagné du terrain. Le nombre absolu de personnes sous-alimentées, c’est à dire celles souffrant d’une carence alimentaire chronique, est passé à près de 821 millions en 2017, contre environ 804 millions en 2016. Soit des niveaux d’il y a presque dix ans.

Plus de 113 millions de personnes, dans 53 pays, sont en insécurité alimentaire aiguë. C'est un tout petit peu moins que l'année dernière, mais l'infléchissement est dérisoire. Les deux tiers des personnes souffrant de la faim vivent dans seulement huit pays, dont quatre se trouvent en Afrique. Par ordre de gravité, il s'agit du Yémen, de la RDC, de l'Afghanistan, de l'Ethiopie, de la Syrie, du Soudan, du Soudan du Sud et du Nigeria (essentiellement dans le Nord, où sévit le groupe jihadiste Boko Haram).

Les pays en situation de conflit plus durement touchés

Les pays les plus vulnérables sont ceux qui connaissent des conflits, mais également leurs voisins, confrontés à l'afflux de réfugiés. Le rapport prend pour exemple le Bangladesh, qui accueille des Rohingyas birmans, le Cameroun et le Burundi, où se replient des Congolais et des Centrafricains, ou encore l'Ouganda, qui a ouvert ses portes à des réfugiés congolais et sud-soudanais.

Les auteurs du rapport s'inquiètent également de la situation au Venezuela, pour lequel les chiffres manquent, mais qui pourrait bientôt être déclaré en état de crise alimentaire, tant les pénuries affectent les habitants et les contraignent au départ. La Syrie, qui avait déjà perdu son statut de « grenier à blé régional » avec l'occupation du groupe Etat islamique, connaît quant à elle sa pire récolte de blé depuis 30 ans. Rfi 2.04.2019 source FAO

La situation empire en Amérique du Sud et dans la plupart des régions en Afrique (Tableau 1). L’Afrique demeure le continent ayant la prévalence de la sous-alimentation la plus élevée, elle affecte presque 21% de la population (soit plus de 256 millions de personnes). La situation se détériore aussi en Amérique du Sud, où la prévalence de la sous-alimentation est passée de 4,7% en 2014 à 5% en 2017, selon les prévisions. La tendance à la baisse de la sous-alimentation en Asie semble ralentir de manière significative. La prévision de la prévalence de la sous-alimentation en Asie pour 2017 est de 11,4%, ce qui représente plus de 515 millions de personnes. Sans des efforts accrus, le monde sera bien loin d’atteindre l’objectif des ODD visant à éradiquer la faim d’ici 2030.

 

L’un des problèmes les plus importants, « c’est d’abord le manque d’accès aux nouvelles technologies qui pourraient permettre aux paysans de développer leur productivité », clame M. Ehui. « Les technologies numériques, c’est l’avenir. Si nous continuons comme nous le faisons aujourd’hui, nous n’allons pas développer une agriculture modernisée en Afrique. »

La Banque mondiale a des plans importants en ce sens. Au cours de la dernière décennie, elle a doublé ses investissements en agriculture.