Extrait de "La soif du monde" par Yann Artus-Bertrand (2012).

Thème 2: Des ressources limitées à gérer et à renouveler

  • L'énergie, l'eau: des ressources à ménager et à mieux utiliser
  • L'alimentation: comment nourrir une humanité en croissance démographique et aux besoins alimentaires accrus

L'acces a la ressource en eau au Caire.

Le cas du Nil.

Tensions entre Egypte, Soudan et Ethiopie.

 

 

L'Egypte, le désert du Sinaï et la mer Rouge. Photographie de l'astronaute Francais Thomas Pesquet sur pinterest.

 

Sur cetteimage satellite on reconnaît bien la vallée du Nil en vert, entourée de désert, ainsi que l’isthme de Suez entre la Méditerranée au Nord et la Mer Rouge au sud

SourcevLes clefs du Moyen-Orient 2013.

L'Egypte.
Source: canalmonde.fr

Vue du Caire, 20 millions d'habitants en 2019. Blog One Chai photographe.

L'eau, en Egypte, une ressource vitale a menager

Un taxi-bateau traverse le Nil, au Caire, le 19 mai 2013 [Gianluigi Guercia / AFP]

Le Caire est la capitale de l'Égypte et la plus grande ville du Moyen-Orient. Le Caire compte près de 20 millions d'habitants — la ville est considérée comme surpeuplée.

 

Rue piétonne du Caire. Encarta

Le Caire, en arabe Al Qāhirah, capitale de l’Égypte, située dans le nord-est du pays, entre la rive droite du Nil et le mont Muqattam.

Première métropole du continent africain et du monde arabe, Le Caire rassemble près du quart de la population égyptienne. Dotée d’importants pôles d’industries traditionnelles — sidérurgie (usine d’Hélouan), automobile et textile —, la ville s’est adaptée dans la seconde moitié du XXe siècle aux secteurs de pointe et aux nouvelles technologies — aéronautique, électronique et chimie —, et constitue par ailleurs le plus actif foyer commercial égyptien.

Un artisan égyptien dans sa boutique de "khayamiya", le 18 décembre 2018 au Caire / AFP

L'une des mosquées du quartier islamique et historique du Caire, le 28 octobre 2018 / AFP

La vallée du Nil, où se trouvent pratiquement toutes les terres cultivables, représente 5% du territoire égyptien et 95% de la population y vivent.

 

Ahmed El Bandari, un historien et photographe égyptien, montre de vieilles photos du Caire, le 8 mars 2019 / AFP

Forte croissance d'Alexandrie 

La région du Grand Caire est d'ailleurs en pleine croissance également. Selon Euromonitor International, le district d'Helwan a ainsi enregistré 20.000 naissances en 2016. 

Vue sur le quartier al-Attaba dans le centre du Caire, le 12 décembre 2017 © MOHAMED EL-SHAHED AFP

Le média égyptien Egypt independant précise également que la cité portuaire d'Alexandrie, deuxième plus grande ville du pays, est également en plein boom démographique. Sa population, actuellement de 4,9 millions de personnes, devrait augmenter de 100.000 personnes en 2017. 

Un défi majeur pour un pays largement occupé par des espaces désertiques et où la gestion de l'eau est primordiale. Source slateafrique.com

L’Égypte a soif. Selon le gouvernement, le pays déplore un déficit de 20 milliards de m3 d’eau. Pour faire face à cette situation, Le Caire veut optimiser les ressources existantes, grâce à un plan d’urgence qui s’étend jusqu’en 2021. Ce dernier comprend des mesures visant à accroître l’efficacité dans l’utilisation de l’eau, la réutilisation des eaux usées après traitement dans les stations d’épuration, l’extension du dessalement de l’eau de mer dans les villes côtières. Les autorités cherchent également à réduire les cultures à forte consommation d’eau, comme le riz.

Pour accélérer la mise en œuvre de cette ambition, le ministre des Ressources en eau et de l’Irrigation, Mohamed Abdel Aty, a signé avec l’Union européenne (UE) un accord qui prévoit une coopération dans le cadre du Plan national pour l’eau et l’irrigation qui court jusqu’en 2037 ainsi que sur certains projets utilisant des systèmes modernes d’irrigation et de traitement de l’eau dans les systèmes de drainage.

 

Le Caire (Égypte)

D’après des projections de l’Onu, l’immense capitale égyptienne pourrait manquer d’eau d’ici à 2025. À 97 %, l’eau utilisée en Égypte provient du Nil, mais elle est de plus en plus contaminée par des déchets agricoles et résidentiels qui ne sont pas traités.sorce Ouest France

Penurie d'eau en perspective...

La situation pour l’eau est encore plus critique. Depuis l’accord égypto-soudanais « sur les eaux du Nil » signé à Londres en 1959 sous l’égide du gouvernement britannique, l’Égypte a droit à 70 % des eaux du Nil, le Soudan et le Sud-Soudan à 20 %, tandis que les autres pays riverains (Éthiopie, Kenya, Ouganda, Rwanda, Burundi et Tanzanie) se partagent le reste.

Sur un flux théorique annuel de 84 milliards de mètres cubes (m3) marqué par une très grande instabilité — en 1879, le Nil a charrié 137 milliards de m3, à peine 45,5 milliards en 1913, mais 84 milliards en 1959, année de l’accord de Londres —, l’Égypte a droit à 55,5 milliards de m3. La construction en amont de quatre barrages destinés à contrôler le Nil bleu, principal apporteur d’eau au Nil, compromet le partage historique.

 Jean Pierre Serini oct 2018.

L’absence d’accord sur le Nil entre l’Ethiopie, le Soudan et l’Egypte pourrait avoir de « graves conséquences humanitaires », alors qu’un immense barrage construit par Addis Abdeba inquiète Le Caire, a estimé mercredi le cercle de réflexion Crisis Group dans un rapport.

L’Egypte craint que la construction du grand barrage de la Renaissance (GERD) sur le Nil Bleu, entamée en 2012, n’entraîne une réduction du débit du fleuve, dont elle dépend à 90% pour son approvisionnement en eau.

Les pourparlers se sont multipliés récemment entre les trois Etats riverains mais sans aboutir à des avancées concrètes.

« Les parties pourraient dégénérer en conflit, avec de graves conséquences humanitaires, s’ils ne peuvent pas formuler de solutions techniques permettant à la construction du GERD de se dérouler de manière à éviter les chocs économiques et environnementaux des pays en aval », a prévenu Crisis Group dans un rapport publié mercredi.

 

Risques de conflits entre Etats pour la ressource en eau

Le Nil Bleu, qui prend sa source en Ethiopie, rejoint le Nil Blanc à Khartoum pour former le Nil qui traverse le Soudan et l’Egypte avant de se jeter dans la Méditerranée.

Le barrage de la Renaissance est censé devenir la plus grande centrale hydroélectrique d’Afrique, avec une production de 6.000 mégawatts.

L’International Crisis Group, spécialisé dans la prévention et la résolution des conflits a appelé les dirigeants des trois pays concernés à « rechercher un accord aujourd’hui, plutôt que d’attendre que le projet soit achevé ».source La Libre Afrique mars 2019.

Dans le quartier populaire de Boulaq, au Caire, en octobre 2016.Photo David Degner. NYT-Redux-REA.

Photo: Mohamed El-Shahed Agence France-PresseDes enfants égyptiens s'amusent au foyer de la Fondation Banati


Des élèves de l'école Mahaba, fondée par Soeur Emmanuelle, au Caire en rang avant d'entrer en classe, le 13 octobre 2018 (AFP - Mohamed el-Shahed)

Afrik21.afrika. la vallee du.Nil.

Paysan égyptien porte carottes et radis — Photo

Le Caire, Egypte - 21 novembre 2010 : paysan égyptien porte carottes et radis au marché — Image de Kokhanchikov

Waël Mohamed, un habitant du bidonville de Sudan Nest âgé de 47 ans, pose avec ses cinq filles (MEE/Mariam Musa)

Un canal d'irrigation en Egypte.

L’Égypte perd la maîtrise du Nil

Nadia Blétry le 20/03/2018 à 10:26 
Mis à jour le 20/03/2018 à 10:26
       

Un grand barrage en cours de construction en Éthiopie menace la ressource en eau de l’Égypte, qui dépend à 97 % des eaux du Nil.

Dès que le barrage Renaissance sera opérationnel, le débit du Nil pourrait diminuer d’un quart, 
inquiétant Le Caire dont l’eau provient à 85 % de l’Éthiopie. / Nariman El Mofty/AP

Localisation du barrage Renaissance