Education a la lutte contre le racisme

Angela Yvonne Davis, née le 26 janvier 1944 à Birmingham en Alabama, est une militante des droits de l'hommeprofesseur de philosophie et militante communiste[1]de nationalité américaine.

Militante du mouvement des droits civiques aux États-Unis, membre des Black Panthers, elle fut poursuivie par la justice à la suite de la tentative d’évasion de trois prisonniers, qui se solda par la mort d’un juge californien en août 1970. Emprisonnée vingt-deux mois à New York, puis en Californie, elle fut finalement acquittée et poursuivit une carrière universitaire qui la mena au poste de directrice du département d’études féministes de l’université de Californie. Ses centres d’intérêt sont la philosophie féministe, et notamment le Black feminism, les études afro-américaines, la théorie critique, le marxisme ou encore le système carcéral. En 1998, elle fait son coming-out auprès du magazine Out[2].

Angela Davis par Veronique Laroche. LEe Fifaro. 2 juin 2017

Cinq choses à savoir sur la passionaria Angela Davis

Une vie de combats. Il y a 45 ans la militante des droits civiques afro-américaine Angela Davis, menacée de la peine de mort, était acquittée après un long acharnement judiciaire. Elle était la femme à abattre du pouvoir américain, en raison de son militantisme communiste et de son activisme au sein du Parti des Panthères Noires.

Prisonnière politique, elle est libérée sous la pression internationale

Avis de recherche émis par le FBI pour retrouver Angela Davis en 1970. Rue des Archives/© Granger NYC/Rue des Archives

En 1970 Angela Davis est accusée d'avoir participé à une prise d'otage sanglante dans un tribunal en Californie, lors d'une audience des «Frères de Soledad» (prisonniers afro-américains et membres des Blacks Panthers). Parmi les victimes figure un juge fédéral et l'arme utilisée par le preneur d'otage est enregistrée au nom d'Angela Davis. À charge également pour le FBI: son action au sein du comité pour la défense des «Frères de Soledad» et son appartenance au parti communiste. Bien qu'innocente, elle est mise sur la liste des dix criminels les plus recherchés par le FBI. Arrêtée en octobre 1970 à New York, elle est inculpée par l'État de Californie de meurtre, kidnapping et conspiration, le 5 janvier 1971. Elle risque la peine de mort.

Mais autour du slogan «Free Angela» une vaste mobilisation se met en place dans tout le pays en faveur de la prisonnière politique. Un Comité pour la libération d'Angela Davis est créé. Le mouvement qui prend de l'ampleur devient international, rassemblant anonymes, militants, et intellectuels. Ainsi en France, Louis Aragon et Jean-Paul Sartre participent à la campagne de libération d'Angela Davis. Des artistes s'engagent également comme John Lennon et Yoko Ono et les Rolling Stones qui lui consacrent une chanson en 1972. La mobilisation porte ses fruits: après seize mois d'emprisonnement, sous la pression internationale, Angela Davis est libérée sous caution. Elle comparaît libre à son procès, et le 4 mai 1972 le jury -composé uniquement de Blancs- l'acquitte. Á propos de cet épisode de sa vie, elle écrit dans la préface de son autobiographie: «Le seul évènement extraordinaire de mon existence ne me concerne pas en tant qu'individu -il suffisait d'une pirouette de l'Histoire pour que tout autre sœur (ou frère) devienne cette prisonnière politique que des millions de gens à travers le monde ont sauvée de la persécution et de la mort». Une fois libre et déclarée non coupable elle poursuit la lutte pour les autres prisonniers politiques noirs.

Elle milite sur tous les fronts depuis un demi-siècle