Thème 2: Des ressources limitées à gérer et à renouveler

  • L'énergie, l'eau: des ressources à ménager et à mieux utiliser
  • L'alimentation: comment nourrir une humanité en croissance démographique et aux besoins alimentaires accrus

L'acces a la ressource en eau dans le monde.

Le cas du Pakistan.

209 Millions de Pakistanais mai 2019.

Une agriculture très gourmande

Le Pakistan étant “la sixième nation du monde pour ce qui est de la population”, la quantité disponible par habitant est particulièrement “basse” comparée à d’autres. Le plus inquiétant est que dans les 32 pays où la ressource en eau par habitant est inférieure à celle du Pakistan, “le PIB par habitant y est en moyenne dix fois plus élevé”.

L’Express Tribune insiste sur un point du rapport qui fait mal : Islamabad “ne tire pas le meilleur parti de sa dotation en eau”, les plus gros volumes étant consommés, de très loin, par l’agriculture. Ainsi, les quatre cultures principales que sont le blé, le riz, la canne à sucre et le coton absorbent à elles seules “80 % de l’eau utilisée dans le pays”,alors qu’elles ne contribuent “qu’à hauteur de 5 %” au PIB national.

À ce stade, les perspectives sont sombres, d’après la Banque mondiale, le Pakistan étant exposé à un autre risque “externe” à long terme, celui du changement climatique. Ce dernier “devrait faire augmenter la demande en eau de 5 à 15 % d’ici à 2047”, en plus de la demande croissante due au développement économique et à l’accroissement de la population qui, bien qu’en ralentissement aujourd’hui, devrait porter le nombre de Pakistanais “à plus de 300 millions” à cet horizon. L’institution de Washington recommande au pays de continuer à s’équiper en infrastructures, même si les barrages ne peuvent pas tout résoudre et que les moyens financiers restent à trouver. "Une gestion de l'eau couteuse et desastreuse" Karachi. Courrier International. Avril 2019

 

Acces a l 'eau au Pakistan 2018

Agée de quinze jours à peine, Kinza geint doucement dans un hôpital d'Islamabad, souffrant de diarrhée et d'infection du sang: l'eau, toujours plus rare au Pakistan, atteint des niveaux de pollution dramatiques, faisant des dizaines de milliers de victimes.

Emmitouflée dans une couverture colorée, Kinza bouge au ralenti, semblable à une minuscule poupée. Sa mère Sartaj, pauvrement vêtue, ne comprend pas: "chaque fois que je lui donne son biberon, je fais bouillir l'eau".

C'est l'"eau du canal" de Faizabad, un quartier de la capitale, qu'elle dit boire au quotidien. Les ruisseaux parcourant la ville sont pourtant tapissés d'immondices.

D'après l'ONU et les autorités pakistanaises, entre 30 et 40% des maladies et des décès sont liés à la mauvaise qualité de l'eau. "C'est le problème numéro 1 en termes de santé publique", affirme le professeur Javed Akram, doyen de la faculté de médecine d'Islamabad.

Chaque année, 53.000 enfants pakistanais meurent de diarrhée après avoir consommé de l'eau non potable, relève l'Unicef. Typhoïde, choléra, dysenterie et hépatite sont fréquents.

24/03/2017

L’Unicef alerte : en 2040, 1 enfant sur 4 manquera d’eau potable

Dans un peu plus de 20 ans, 600 millions d’enfants vivront dans un pays où l’eau potable sera rare.

Il y a plusieurs raisons à ce futur manque d’eaupour les enfants : le réchauffement climatiquebien sûr, mais également un accroissement de la population, qui va de pair avec une demande en eau potable plus importante.

Manque d’eau potable : les pays les plus touchés

Le Nigeria, la Somalie, le Soudan du Sud, le Yémen sont très touchés par le manque d’eau potable. Plus d’un million d’enfants, aujourd’hui, risquent de mourir par manque d’eau potable. Cet accès insuffisant à une ressource qui est essentielle à la santé favorise les décès en bas âge, en raison des maladies causées par les bactéries transmises par une eau non potable, et aussi les retards de croissance.

 

Un besoin en eau augmenté de 50 %

Dès 2030, les besoins en eau seront accrus de 50 %. Pour les satisfaire, il est impératif, dès maintenant, de traiter les eaux usées. Cela réduit non seulement la pollution, mais prévient aussi les maladies. Or, actuellement80 % des eaux usées mondiales sont rejetées sans traitement.

Shakeela a 48 ans et vient d'un petit village à trois heures de Peshawar. Elle a donné naissance à son 13e enfant dans l'hôpital pour femmes de MSF. Pakistan. 2018.  © Laurie Bonnaud/MSF