Les Francais et leurs territoires/ carte mentale/ perceptions du territoire

 

 Une étude inédite conduite par l'institut de sondage Elabe et l'institut Montaigne révèle une France « en morceaux », à travers l'analyse des oppositions territoriales : Paris contre régions ; France des métropoles contre France périphérique ; France urbaine contre France rurale. On y découvre toutefois que les Français sont heureux en régions malgré leurs difficultés et inquiétudes pour l'avenir.

 

Le cabinet Elabe et l'institut Montaigne ont conduit une étude très fouillée (120 questions) qui analyse les oppositions territoriales en France pour comprendre leur impact sur la cohésion sociale dans le pays. Elle a été menée auprès d'un large échantillon de population (10 010 personnes). 

 Le baromètre des territoires mesure à la fois le sentiment de bonheur des Français, leur situation financière personnelle, leurs espoirs et inquiétudes quant à l'avenir, leur attachement à leur région, commune, quartier... La cartographie du pays ainsi obtenue est tout à fait inédite.

 
 

Des Français heureux, mais...

Comment nous sentons-nous ? Dans nos vies privées, plutôt bien, merci : 73 % des sondés se déclarent heureux et 6 Français sur 10 ont « le sentiment d'avoir choisi la vie qu'ils mènent ». C'est bien, mais ce sentiment « est percuté de plein fouet par la crise du pouvoir d'achat et la souffrance sociale », observent les auteurs de l'étude, en révélant que 48 % des Français ont « des fins de mois difficiles » et des « difficultés répétées à subvenir à l'essentiel » (découverts bancaires, retards de paiements...).

Pour 43 % d'entre eux, « la situation de leur foyer s'est détériorée en 2018 » (jusqu'à 60 % parmi les retraités).

Une France « coupée en quatre »

Comment les Français vivent-ils leur rapport au territoire ? L'étude distingue quatre profils : les « affranchis »,qui ne se sentent pas attachés à un territoire en particulier et peuvent en changer facilement (21 % de la population) ; les« enracinés », qui ont choisi leur lieu de vie et y sont profondément attachés (22 %) ; les« assignés », qui se sentent « bloqués » là où ils vivent (25 %) ; et les « sur le fil », qui se déplacent par contrainte, pour retrouver un emploi ou suivre une formation (32 %).

Les « affranchis » et « enracinés » sont les plus heureux (à 92 % et à 87 %) et disent avoir choisi la vie qu'ils mènent (à 83 % et 77 %). Les premiers vivent en majorité en centre-ville et dans de grandes agglomérations, plutôt en campagne pour les seconds, qui trouvent qu'il fait « bon vivre » (à 90 %) là où ils sont.

À l'opposé, les « assignés » (un Français sur quatre) souffrent des inégalités sociales : moins diplômés, disposant des revenus les plus faibles, 72 % d'entre eux bouclent leurs fins de mois avec difficultés.

Et dans l'Ouest ?

C'est en Normandie que l'on se sent le plus heureux (à 75 %, contre 72 % en Bretagne et en Pays de la Loire) mais 53 % des Normands avouent des fins de mois difficiles (contre 48 % en Pays de la Loire et 46 % en Bretagne).

C'est en Normandie que l'on se sent le plus heureux (à 75 %, contre 72 % en Bretagne et en Pays de la Loire).

Les Bretons sont les moins pessimistes de tous quant à l'avenir de la société française (à 63 % quand la moyenne nationale est à 70 %) et sont aussi ceux qui aiment le plus leur région : 77 % sont attachés la Bretagne quand 60 % des Normands se disent attachés à la Normandie et 55 % des Ligériens aux Pays de la Loire.

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