๐Ÿ™‚Les ecrits sur l'Art d'Andre Malraux.le Musee Imaginaire d'Andre Malraux.

De 1947 a1976, Andre Malraux a reflechit sur l'Art et l'Histoire.

Le musee imaginaire contient les oeuvres que nous avons vues et connues et les reproductions de celles-ci.

 

 

J'ai dit à Picasso que le vrai lieu du Musée imaginaire est nécessairement un lieu mental » (La Tête d'obsidienne, Paris, 1974) : paraphrasant à son insu sans doute Léonard de Vinci pour qui « la peinture est chose mentale » (cosa mentale), Malraux se plaît à rappeler cette phrase au détour d'un long entretien qu'il eut avec Picasso qui l'interrogeait, avant la parution de son essai sur le Musée imaginaire.

André Malraux

 

Commencé avant la Seconde Guerre mondiale, le dialogue qu’André Malraux entretient avec l’art va se poursuivre et se développer tout au long de son œuvre. 

 

 

L'expression dont l'auteur des Voix du silence (1951) intitulait déjà un fragment des Essais de psychologie de l'art (1947) a connu depuis une fortune considérable. Victime de son succès, l'expression est très galvaudée aujourd'hui, chacun se croyant désormais assuré de porter en lui son « musée imaginaire », le petit corpus de ses goûts personnels, le catalogue privilégié et exhaustif des œuvres qui, au hasard des rencontres, ont frappé son attention ; ce prétendu musée semble devenu le pendant dérisoire (dans le domaine plastique) de la dérisoire bibliothèque minimale que chacun « aimerait emporter avec lui sur une île déserte ». Aussi l'expression commence-t-elle à irriter les « esprits forts » de notre temps : « La seule idée d'un musée imaginaire me paraît stupide. C'est célébrer le culte de sa propre personnalité à travers les œuvres des autres. » Pierre Boulez n'a certes pas tort, mais Malraux semble lui faire écho quand il rappelle (dans La Tête d'obsidienne) : « Picasso savait qu'il n'y était pas question du musée des préférences de chacun, mais d'un musée dont les œuvres semblent nous choisir, plus que nous ne les choisissons. Le Musée imaginaire, qui ne peut exister que dans notre mémoire, n'est pas non plus un Louvre développé. Celui de Baudelaire accueille quatre siècles ; le Musée imaginaire, cinq millénaires, l'immémorial sauvage et préhistorique [...]. Les dieux et les saints sont devenus des statues ; la métamorphose est l'âme du Musée imaginaire. La foule des œuvres de toutes les civilisations n'« enrichit » pas le Louvre, elle le met en question. »