Le 5 mars dernier, Marlene Schiappa annonçait devant les députés la création du prix Simone Veilqui "sera remis pour la première fois cette année" dans le cadre de la "diplomatie féministede la France "contre les violences sexistes et sexuelles, l'excision, les mariages forcés, pour l'accès à l'éducation des filles et des garçons, pour l'émancipation économique des femmes".
Ce matin, en présence de la famille de Simone Veil, de la secrétaire d’État, du ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian et de son homologue en charge des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn, Emmanuel Macron a ainsi récompensé Aissa Doumara Ngatansou à qui il a remis une somme de 100.000 euros afin de "soutenir concrètement des initiatives mondiales pour les droits des femmes."

Le président a tenu à rappeler l’importance des luttes menées par Simone Veil en ce jour, "C’est aujourd’hui avec beaucoup de reconnaissance pour le combat qu’elle a porté que je veux ici remettre ce prix" a-t-il ainsi déclaré avant de rappeler que "ce que le combat de Simone Veil et de tant d’autres a au fond d’irréductible, d’intraitable, c’est que c’est un combat pour la dignité. Pour la dignité mais des femmes, mais aussi pour la dignité des hommes".
Emmanuel Macron a également remercié les membres du jury qui ont examiné 100 propositions avant d’élire Aissa Doumara Ngatansou, militante camerounaise engagée contre les mariages forcés.

Aissa Doumara lutte pour les droits des femmes au Cameroun ( Source: Euronews).

Aissa Doumara

 En cette 42e journée internationale des droits des femmes, Emmanuel Macron a remis pour la première fois le prix Simone Veil pour l'égalité femmes-hommes. Doté de 100.000 euros, il a été remis ce vendredi 8 mars à l'activiste d'origine camerounaise Aissa Doumara Ngatansou.

La militante de 46 ans lutte contre les mariages forcés et a cofondé une antenne de l'Association de lutte contre les violences faites aux femmes (ALVF) dans la ville de Maroua. Grâce au soutien de l'ONU Femmes, l'ALVF a pu porter secours aux femmes et aux filles victimes de l'insurrection de Boko Haram dans la région et leur fournir des moyens de subsistance et un appui 

Le Huffington Post

Aissa Doumara Ngatansou se bat depuis plus de 20 ans contre les mariages forcés et les violences sexuelles depuis son pays, le Cameroun. Elle est notamment coordinatrice de l’Association de lutte contre les violences faites aux femmes, selon des précisions de l'ONU.

Cette mère de trois enfants est originaire de la région Extrême-Nord du Cameroun. En 1996, elle a cofondé une antenne de l’Association de lutte contre les violences faites aux femmes (ALVF) dans la ville de Maroua. L’ALVF vient en aide aux survivantes et plaide auprès des décideurs et décideuses pour mettre fin aux mariages précoces et forcés, ainsi qu’aux autres formes de violences basées sur le genre. 

Atlantico.fr

Article site ONU femmes

Aissa Doumara Ngatansou. Photo: ONU Femmes/Teclaire Same

Aissa Doumara Ngatansou, âgée de 46 ans, est mère de trois enfants ; elle est originaire de la région Extrême-Nord du Cameroun. En 1996, elle a cofondé une antenne de l’Association de lutte contre les violences faites aux femmes (ALVF) dans la ville de Maroua. L’ALVF vient en aide aux survivantes et plaide auprès des décideurs et décideuses pour mettre fin aux mariages précoces et forcés, ainsi qu’aux autres formes de violence basée sur le genre. Grâce au soutien d’ONU Femmes, apporté dans le cadre du programme humanitaire financé par le Fonds central d’intervention d’urgence des Nations Unies et le gouvernement du Japon, l’ALVF a pu porter secours aux femmes et aux filles victimes de l’insurrection de Boko Haram dans la région et leur fournir des moyens de subsistance et un appui psychosocial.

J’ai perdu ma mère quand j’avais 11 ans, et dès que j’ai eu 15 ans, mon père et sa famille ont décidé de me marier à un homme de leur choix, sans mon consentement. C’est à ce moment-là que j’ai réalisé que je devais faire quelque chose pour moi-même. La discrimination, telle que je l’ai vécue, m’a poussée à devenir l’activiste que je suis aujourd’hui.

Après mon mariage, j’ai décidé de poursuivre mes études. La famille de mon mari s’est opposée à ma décision, mais j’ai tenu bon. Finalement, mon mari m’a soutenue. À la fin de mes études secondaires, j’ai travaillé avec d’autres femmes pour lancer notre association à Maroua et aider les femmes et les filles victimes de la violence.

J’ai compris, à travers mes propres luttes, que c’est la nature patriarcale de notre société qui constitue le principal défi. La discrimination et la violence à l’égard des femmes sont enracinées dans notre culture et notre religion. Dans notre région, la religion et la culture sont étroitement liées et les hommes se servent de la religion dans leur intérêt personnel et pour marginaliser les femmes. Les femmes n’ont tout simplement pas la même importance que les hommes et ne sont pas traitées comme eux. Les hommes pensent que la violence est normale, et les femmes n’ont d’autre choix que de subir leurs abus.

À l’association, je vois des cas de violence basée sur le genre tous les jours. Parfois, je reçois des appels ou des visites à mon domicile de femmes instruites [qui occupent] des postes importants dans la société, et qui ont trop honte pour demander ouvertement de l’aide. Après les avoir conseillées, je les oriente vers une assistante sociale ou le bureau pour l’égalité des sexes, qui offrent plus de services".

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