le site de l'île de Gorée, classé au Patrimoine Mondial de l'Humanité, témoigne des conditions de captivité des esclaves en partance pour l'Amérique.

l'île de Gorée au Sénégal, point de départ des esclaves

19. Déc., 2015

Un des points de départ des esclaves au XVIIIème siècle

Les archives sur l'esclavage sont rares voire inexistantes.
Gorée jouit d'une position géographique remarquable à l'extrémité occidentale de l'Afrique, à égale distance de l'Europe et de l'Amérique. A l'abri du Cap Vert, ses abords présentent une eau profonde, baignée par le courant froid des Canaries et un climat presque tempéré.
Les Portuguais la nomme "Palma"au XVIème siècle et les Espagnols la nomment "bonne rade", "Goede Reede", d'où son nom d'île de Gorée.
Les vents alizés entrainent les navires vers l'Amérique et l'Europe. Découverte par Christhope Colomb, l'île de Gorée constitue un point sur les routes maritimes de la navigation atlantique du commerce triangulaire: Europe, Afrique et Antilles.
En 1482, les Portugais y construisent un fort, une église et un cimetière. Les Portugais ramènent les Noirs Africains comme des "curiosités" et preuves de leurs voyages.
Le système esclavagiste se met en place à Gorée vers 1678 avec la conquête de l'île par les Français.
La demande en sucre explose aux Antilles et l'activité de la Compagnie du Sénégal augmente le volume de la traite avec 600 esclaves entre mars 1679 et Juillet 1680. Dès 1682, Colbert commence à rédiger son Code Noir, promulgué en 1685, après sa mort. Composé de 59 articles, il réglemente les rapports entre maîtres et esclaves. Il affirme la nécéssité de convertir les esclaves dans la religion catholique et les punit en cas de vol ou d'évasion.
"L'esclave aura les oreilles coupées et sera marqué d'une fleur de lys". Sil récidive, l'esclave aura le jarret coupé et sera marqué d'une deuxième fleur de lys, et la troisième fois, il sera puni de mort. (article 38 du Code Noir).
Le Code Noir prescrit aux maîtres de nourrir les esclaves, de les habiller et tend à limiter leurs excès. Les maîtres cruels sont limités par le Code Noir.
Les bateaux arrivaient depuis la France à Gorée au Sénégal après 5 ou 6 semaines de navigation. 300 captifs par an passaient à Gorée contre plusieurs milliers à Bissau ou dans l'archipel des Bissagos.
D'Octobre à Avril, les employés de la Compagnie échangeaient eau-de-vie, fusils, barils de poudre , verroterie et objets de pacotille contre des esclaves capturés, le plus souvent originaires de l'ethnie Mandingue.
Les captifs effectuaient des tâches de construction, de transport et de déchargements de navires.
La nuit, ils étaient rassemblés dans des "captiveries" ou "esclaveries" dans les forts Saint-François et Saint-Michel. En été, ils étaient embarqués sur les navires négriers en provenance de Saint-Malo, de Brest et surtout de Nantes et de Bordeaux.
d'après La revue "Histoire", AVRIL 2001, Numéro 253